LE GABONAIS JEAN PING À TÊTE DE L’UNION AFRICAINE

                         COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

           LE GABONAIS JEAN PING À LA TÊTE DE L’ORGANISATION

La Commission de l’Union africaine, née sous les cendres de l’OUA fondée en 1963 à Adis Abéba, la capitale  éthiopienne  a élu à sa tête, le 1er février dernier, un nouveau Président en la personne du gabonais Jean Ping alors ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie. Il remplace à ce poste, l’ancien Président malien Alpha Oumar Konaré qui aura passé 5 ans à tête de cette organisation panafricaine.

Le chef de la diplomatie gabonaise Jean Ping, le  << Mao>> du Gabon comme l’appelle affectueusement le Président de ce petit pays d’Afrique centrale Omar Bongo Ondimba, parce que né d’un père de l’Empire du milieu, premier chinois débarqué sur le sol gabonais dans les années 1930 comme  marchand ambulant et d’une mère gabonaise, a été élu avec 31 voix sur les 46 votants. Le nouveau Président de l’UA disputait ce siège tant convoité avec deux autres candidats .Il s’ agit du sierra léonais Abdulai Osman, juge en chef de Belize, en Amérique du sud et de la zambienne Inonge  Mbikusita Lewanika, ambassadrice de son pays aux Etats-Unis.

Jean Ping hérite d’une structure dont-on affirme que la bureaucratie est trop lourde, les moyens financiers insuffisants et le pouvoir d’agir limité à cause de multiples pesanteurs notamment l’influence des chefs d’État sur cette structure comparativement à l’Union européenne par exemple dont la mission est presque identique de l’autre côté de la méditerranée.

Lorsqu’on se rend compte que son prédécesseur, l’ancien chef d’État du Mali Alpha Oumar Konaré, démocrate jusqu’au bout des ongles, jouissant d’un prestige intercontinental et d’une liberté de ton, s’est battu à la transpiration de ses efforts pour résoudre les multiples conflits et foyers de tension sur le continent africain ainsi que promouvoir une nouvelle Afrique positive sans atteindre pleinement ses objectifs ; il y a lieu de s’interroger sur la marge de manœuvre de son successeur Jean Ping  dont la mission semble être encore plus difficile. En effet, si le Président de la Commission de l’Union africaine a été élu avec une confortable avance sur ses concurrents, cependant la mise à l’écart pour des raisons évidentes de délais de dépôt de la candidature du ministre  Ali Triki,  le monsieur Afrique de la Libye de Mouammar Kadhafi  ainsi que le malaise perceptible de Thabo Mbeki, le Président d’Afrique du sud, deux pays dont le poids financier, politique et économique sont reconnus ne favorisent pas Jean Ping. Et pour cause, l’organisation panafricaine a besoin d’argent, de beaucoup d’argent frais et de l’appui de tous  pour attaquer les divers problèmes qui minent l’Afrique.

Nous devons tout de même reconnaître que le nouveau patron de la plus grande instance sur le continent noir est un diplomate chevronné et un homme de grand talent. Ses multiples implications et succès de médiation dans la résolution de divers différends en Afrique et l’expérience internationale notamment comme Président de l’OPEP en 2004,59ème Président de l’Assemblée générale des Nations unies entre 2004 et 2005 et comme fonctionnaire à l’Unesco sont autant d’atouts pour réussir. Monsieur Jean Ping, le candidat  du Gabon et de presque toute l’Afrique est un  homme de conviction, avec de grandes qualités humaines. Au cours d’un entretien dans le Talk de Paris sur la chaîne de télévision France 24,  le 22 février dernier avec le journaliste français Ulysse Gosset, il disait reconnaître avec humilité que la tâche ne sera pas facile et de tout repos. Cependant, il affichait sa  détermination à se pencher sur les maux qui minent l’Afrique  et empêchent son take off ou son décollage économique, sa stabilité politique et son progrès social. Aussi, il invitait chaque dirigeant africain  à lui apporter son soutien pour réussir ensemble l’œuvre de modernisation, démocratisation et pacification du continent à la peau d’ébène. Le credo de Jean Ping`, c’est«  Entendons- nous entre africains« .D’après le Président de la Commission de l’Union africaine, la stabilité et le progrès de l’Afrique passent résolument  par la nécessité pour les africains de bâtir une culture de la paix et la promotion du dialogue. Il prône la cohésion nationale entre les différentes composantes sociologiques d’un pays et la coopération  régionale et sous régionale entre les États.

Le diplomate et l’homme politique gabonais Jean Ping aimerait encourager  aussi le rapprochement avec le monde arabe et asiatique en dehors des partenaires traditionnels de l’Afrique à savoir les pays européens  et du continent américain. Parce qu’il   pense que la diversification de la coopération de l’Afrique avec les autres parties du monde est source de richesse et peut favoriser l’émergence de l’Afrique. Au moment ou la Chine,la future superpuissance du 21ème siècle devient un partenaire de choix et un gros investisseur sur le continent,  l’arrivée à la tête de la Commission de l’Union africaine de Jean Ping, ce citoyen africain et transnational par  ses origines chinoises,sa maîtrise de la langue chinoise,le mandarin en dehors du français et l’anglais… peut constituer un ciment  pour recevoir encore davantage les capitaux chinois. Il faut noter  qu’après sa nomination, l’agence Chine nouvelle ou Xinhua  a aussi annoncée dans ses colonnes, l’élection de Jean Ping à tête de cette grande organisation sans mentionner au passage que ce dernier peut aussi se réclamer enfant chinois de la diaspora. Même si cette mention n’a pas été faite, à Beijing, c’est certainement aussi une bonne nouvelle pour resserrer les liens de coopération entre la Chine de tous les superlatifs de progrès et l’Afrique. N’oublions pas que si l’Afrique a une population de 750 millions d’habitants pour ses 53 États, à l’horizon 2020, l’Union africaine comptera 1,4 milliard d’habitants soit autant que la Chine d’aujourd’hui et représentera encore un grand marché et par conséquent, elle recevra certainement une masse d’argent en terme d’investissement direct étranger. Il faut, dès à présent aux africains de conjuguer leurs efforts pour bâtir une paix durable afin de devenir plus attractif  pour  recevoir un  afflux massif de capitaux.

Le protégé du Président Omar Bongo, Jean Ping, conscient des perspectives prometteuses qui s’offrent  désormais aux africains dans le futur souhaite marquer d’une pierre blanche, son passage  comme Président de la Commission de l’Union africaine.

Si nous admettons que lors d’une situation d’urgence, la vitesse est uniquement déterminée par la situation de celui à qui l’on porte secours, alors  les décideurs africains doivent reconnaître   à temps les besoins de la société africaine et faire le nécessaire car la vie punit ceux qui arrivent trop tard. Ce moment nous semble arrivé d’après plusieurs indicateurs fiables pour penser que le continent noir doit saisir l’opportunité pour conjuguer au passé, les périodes douloureuses de son sous développement dans l’optique de  sortir définitivement du goulag de la pauvreté et du labyrinthe de la néguentropie.

Il faut noter pour finir que le prochain sommet de l’UA aura lieu en juillet prochain à Charm el- Cheikh en Égypte et que le nouveau Président en exercice de l’Union africaine est le chef d’État tanzanien Jakaya Kikwele Kikwete.                

                                              Ferdinand Mayega

                                     BIOGRAPHIE DE JEAN PING     

Le nouveau Président de l’Union africaine, le diplomate Jean Ping est né le 24 novembre 1942 à Omboué au Gabon.

Il est titulaire d’un doctorat d’État en sciences économiques de l’université de Paris I Panthéon Sorbonne.

Il a été tour à tour, fonctionnaire à l’Unesco dès 1972, Délégué permanent du Gabon entre 1978 et 1984. Il a occupé à son retour au Gabon le poste de directeur de cabinet du Président de la République. Puis, du 26 février 1990 au 29 avril de la même  année,il occupe le porte feuille ministériel de l’Information,des Postes et Télécommunications,du Tourisme et des Loisirs avec le titre de porte parole du gouvernement.

Le 29 avril 1990  à juin 1991, il exerce comme ministre des Mines et de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques. Poste qu’il occupera une seconde fois entre le 28 août 1992 au 24 mars 1994.Puis,il est nommé au ministère des Affaires étrangères et de la coopération où il passera 7 mois et 4jours.Ensuite, du 30 octobre 1994 au 25 janvier 1997,il prend les fonctions de ministre délégué auprès du ministre des Finances, de l’Économie,du Budget et de la Privatisation. Travailleur acharné, M. Jean Ping  est nommé par Omar Bongo au poste de ministre de la Planification, de l’Environnement et du Tourisme. Poste qu’il occupera du 27 janvier 1997 au 25 janvier 1999.Puis,il est propulsé par la suite aux fonctions de ministre d’État,ministre des Affaires étrangères,de la Coopération et de la Francophonie du 25 janvier 1999 au 6 février 2008,date à laquelle il devait quitter son poste pour  sa nouvelle fonction de Président de la Commission de l’Union africaine à Adis Abéba en Éthiopie.

Jean Ping est marié et père de  famille.

 

Sur le plan bibliographique,il a publié en 2002 aux éditions l’Harmattan,un livre qui a pour titre :<< Mondialisation ,Paix,démocratie et développement en Afrique :l’expérience gabonaise >>.Ce livre a été préface par   le ministre français Hubert Védrine.

Sur le plan honorifique, il a été élevé en 2006 au grade de Grand Officier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France au Gabon au nom du         Président Jacques Chirac.    

 

 

 

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