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Archive pour février, 2011

Franck Biya se préparerait-il aussi à devenir chef de l’État?

Au moment où les Camerounais, dans une grande majorité, souhaiteraient l’alternance à la tête de l’État du Cameroun  aux élections présidentielles de 2011 après 29 ans de régime du président Paul Biya, le titre de cet article  peut sembler être une provocation pour les uns, une blague de mauvais goût pour les autres. La raison est simple : le Cameroun n’est pas une monarchie constitutionnelle où le pouvoir doit impérativement passer du père au fils ou à un membre de la famille  régnante.  Seulement, nous pensons que cette question mérite d’être posée aujourd’hui compte tenu de la nouvelle tendance des passations de pouvoir dans certains  pays francophones du continent. De plus en plus, nous observons ce que le constitutionaliste sénégalais El Hadj Bodj appelle les monarchies républicaines. C’était le sujet de sa thèse de doctorat d’État. Il s’agit de cette nouvelle forme d’alternance au pouvoir entre des chefs d’État vieillissant en Afrique et leurs enfants. C’est le cas au Togo, en RDC et au Gabon. Au Sénégal, le scénario est de plus en plus  évoqué avec le super ministre d’État Karim Wade. Si au Cameroun, Franck Biya n’a jusqu’ici occupé aucune fonction ministérielle ou un poste important pour être face aux projecteurs des médias, il ne faut pas oublier que le président Paul Biya est un homme politique très rusé, subtil et intelligent. Sa politique de l’apaisement et de la main tendue au chef du plus grand parti politique d’opposition John Fru Ndi du SDF n’est pas gratuite. Il ne fait rien pour rien. Paul Biya commencerait dès à présent à préparer une alternance moins ouverte mais plus subtile. De nombreux signes indiqueraient qu’à la suite d’une victoire du président Paul Biya aux présidentielles de 2011, un gouvernement d’ouverture pourrait accorder plusieurs ministères aux cadres politiques du  SDF. Ainsi, ces derniers, prenant goût aux délices du pouvoir et à l’argent  facile se verraient impliquer dans plusieurs malversations financières. Du coup, comme les prisonniers corrompus de son régime,  l’opération épervier va également sévir avec les proches de John Fru Ndi donnant ainsi davantage du discrédit à ces autres «  vendeurs d’illusions ». Un  boulevard de plus pour Franck Biya.  Déjà, sous le prétexte de la lutte contre la corruption endémique au Cameroun, l’opération épervier  a  permis au chef de l’État Paul Biya de donner de lourdes peines d’emprisonnement  à des proches de son régime disqualifiant pour longtemps tous ces derniers  qui ont une puissance financière colossale, des ambitions présidentielles et des réseaux importants en Occident, notamment à l’Élysée et à Matignon.  Il s’agit d’un autre boulevard beaucoup plus nécessaire pour baliser le chemin à Franck Biya pour une éventuelle accession à la présidence du Cameroun. Vendredi 7 décembre dernier  dans l’après midi, par un curieux hasard, j’ai eu l’opportunité de rencontrer à  l’aéroport international Pierre Eliot Trudeau de Montréal,  un Camerounais de la diaspora fidèle au régime de Yaoundé  résidant au Québec depuis plusieurs décennies. Ce dernier est issu d’une famille qui a toujours soutenu le chef de l’État parce que l’un des parents a occupé  des fonctions importantes au pays. Dès que je me suis présenté, ce Camerounais de la diaspora savait déjà que je suis journaliste et auteur d’un nouvel essai sur la question de la diaspora africaine et le développement chez l’Harmattan en juin dernier. Il m’a alors posé une question que je m’interroge depuis octobre 2008. À savoir  que la vague d’arrestations, dans le cadre de l’opération épervier, ne donnerait-elle pas  aussi l’occasion au chef de l’État de préparer son fils  Franck Biya à la succession? Très prudent de  me faire tirer des vers du nez à répondre à cette question complexe du compatriote de la diaspora au Canada qui pourrait appartenir à la catégorie de la diaspora de collaboration, j’ai uniquement laissé entendre que Franck Biya, en sa qualité de citoyen camerounais, a également les mêmes droits  et devoirs  que quiconque au pays pour diriger le Cameroun s’il gagnait une élection libre et transparente. Aussitôt, courroucé voire nerveux, ce compatriote a répondu avec fermeté qu’il n’apprécierait jamais cette succession et montrerait ouvertement son opposition à une succession dynastique. Il a ajouté que le Cameroun n’est pas le Gabon, le Togo, le Sénégal oula RDC. Le Cameroun, c’est le Cameroun. Ensuite, il a affirmé que ce serait une erreur grave et dangereuse pour le président dont-il reste fidèle de choisir la même option que certains leaders politiques aujourd’hui décédés ou  encore au pouvoir en Afrique. C’est la preuve qu’au sein du parti de la flamme, ils sont nombreux qui n’accepteraient jamais la  dictature démocratique et monarchique ou encore la démocrature monarchique. Ce bref  échange  mais riche avec  ce compatriote ayant de  nombreux amis, dit-il, dans la sphère du pouvoir au Cameroun mérite cette interrogation. En effet, en octobre 2008 lors du sommet des Chefs d’État de la Francophonie que j’avais couvert dans la ville de Québec, j’ai été surpris de voir Franck Biya dans la salle de conférence le jour de la clôture du sommet. Par ailleurs, par une autre coïncidence heureuse, nous avions  eu l’opportunité de rencontrer Franck Biya dans un couloir du 4ème étage de l’hôtel Château Laurier à Québec. C’était  le lendemain de la clôture du sommet. Nous étions à la recherche de certaines informations sur les dessous de ce  sommet. Et nous avions appris que c’est dans une chambre au quatrième étage de cet hôtel luxueux que le Haut Commissariat du Cameroun avait établi son quartier général. Poliment, j’ai salué le fils aîné du président Paul Biya  et me suis présenté. De manière tout aussi respectueuse, Franck Biya  a répondu à nos salutations.  Dans une ambiance fraternelle et de respect mutuel, il  a accepté d’échanger avec nous pendant plus d’une dizaine de minutes debout. Il était assez détendu et ne semblait pas très anxieux de cette rencontre avec des chasseurs d’informations dont l’un d’eux est originaire de son pays.  Avant de nous séparer, nous lui avions remis un exemplaire récent du magazine Francophonie Actualités pour découvrir le contenu des informations. Toujours poli, Franck Biya a tenu à nous assurer qu’il lirait ce magazine.  J’étais en compagnie d’un confrère journaliste d’origine  ivoirienne résidant à Paris  qui est le directeur de publication et fondateur de ce journal. Il s’agit d’un magazine francophone édité en France. Mon confrère et ami est un grand habitué de tous les sommets de la francophonie. Ce dernier  a participé à tous les sommets  à travers le monde. Il est aussi  un fin analyste politique des questions francophones et africaines. Il a eu l’opportunité d’ouvrir des portes des Palais présidentiels rarement ouvertes aux journalistes même dans des pays au régime politique socialiste. C’est le cas par exemple, il y a quelques mois, d’une entrevue exclusive  au Palais présidentiel à Hanoi avec  l’actuel Chef d’État du Vietnam. Ce confrère journaliste dans la soixantaine, intéressé aux questions politiques avec presque quatre décennies dans le monde du journalisme d’abord dans le service public en Côte d’Ivoire avant de déposer ses valises en France depuis trois décennies,  a eu l’opportunité de suivre des cours du fondateur du quotidien Le Monde Hubert Beuve Mery à l’Institut français de Presse de l’université de Paris-Panthéon Assas. Aussitôt que nous avons pris l’ascenseur pour descendre de l’hôtel, il  m’a fait remarquer avec insistance que la présence de Franck Biya au sommet des chefs d’État de la Francophonie serait un indicateur fiable que le président Paul Biya préparerait éventuellement un scénario à la gabonaise. Il y croit encore aujourd’hui comme moi d’ailleurs. De plus en plus. Ensuite, d’après certaines de mes  sources en Europe, surtout du côté de la ville helvétique de Genève, Franck Biya serait en train de prendre des cours de sciences politiques ou de diplomatie. Si cette information était  confirmée, il faudra s’attendre à ce que l’homme d’affaires Franck Biya généralement effacé puisse faire  une mutation progressive du monde des affaires  vers le monde politique après une réélection de son père. Avec l’âge qui avance et le poids de la fonction présidentiel, le chef de l’État Paul Biya serait peut-être déjà en train de penser à son après pouvoir et le rôle que devrait jouer désormais son fils dans le paysage politique camerounais.

S’il y a longtemps, j’avais voulu écrire ce papier après ma rencontre avec Franck Biya à Québec en octobre 2008, mes échanges du vendredi 7 janvier avec un compatriote de la diaspora  à l’aéroport de Dorval et le confrère ivoirien de Paris  le dimanche 9 janvier au téléphone  ont été le déclencheur de cet article. Nous invitons, dès à présent, les  Camerounais à ne pas oublier cette probabilité comme au Sénégal d’Abdoulaye Wade.  Pour l’instant, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que Franck Biya est sûrement la première solution d’une équation politique complexe à plusieurs inconnus de son père lorsque ce dernier ne sera plus apte à gouverner le Cameroun.

                                                                        Ferdinand Mayega

CONSTRUCTION D’UNE HAITI NOUVELLE APRÈS LE SÉISME DU 12 JANVIER 2010

                              
LA DIASPORA INTELLECTUELLE PROPOSE UN PLAN DE   DÉVELOPPEMENT DURABLE 

 La diaspora intellectuelle haïtienne regroupée autour  du Groupe de réflexion et  d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) propose des pistes novatrices de solutions pour sortir le pays du goulag de la pauvreté.

 Il y a un an, précisément le 12 janvier 2010, Haïti, la première République noire indépendante au monde était secouée par un séisme sans précédent dans l’histoire du pays. Le bilan était lourd : plus de 250.000 morts, 300.000 blessés  et 1,2 millions de sans abris. La solidarité internationale s’est subitement manifestée aussi bien en Occident qu’en Afrique.  Plusieurs États nantis et moins nantis sur le continent noir par exemple ont apporté également une aide financière, alimentaire ou matérielle au peuple frère de l’autre bout du monde séparé de la terre des ancêtres par l’esclavage et la traite négrière.  Le Président sénégalais Abdoulaye Wade assez sensible est allé plus loin en permettant à de nombreux étudiants haïtiens de pouvoir obtenir une bourse d’études du Sénégal . Ces derniers  poursuivent aujourd’hui des études dans plusieurs universités du pays. Bravo Abdoulaye Wade! Ce geste mérite sincèrement d’être salué et constitue une première dans l’histoire ancienne qui lie l’Afrique aux pays de sa diaspora  des Antilles. C’est un pont qui favorise le rapprochement entre les Africains du terroir et sa diaspora de la région des Caraïbes. Mais cette solidarité ponctuelle, aussi importante soit-elle, ne peut pas occulter l’apport remarquable de la fine crème de la diaspora intellectuelle d’Haïti  à travers le monde.    Dans le cadre du Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), la diaspora intellectuelle du pays a effectué un travail titanesque de propositions d’amélioration du cadre de vie des citoyens dans l’optique du développement durable et humain intégral dans ce pays pour les deux prochaines décennies.  Il s’agit, il n’y a aucun doute, d’un véritable plan de reconstruction du pays dévasté par le tremblement de terre. Ce plan a pour titre : Construction  d’une Haïti nouvelle.  Pour arriver à produire ce travail de qualité, il a fallu associer 60 coauteurs, 61 contributeurs et 50 lecteurs critiques. Dans cet ouvrage de 618 pages publié vers la fin de l’année de 2010, tous les problèmes majeurs du pays sont passés au scanner de la matière grise haïtienne. Ils   ont été soulevés et des solutions proposées pour sortir
la République d’Haïti de la dépendance totale de l’aide. Il est important de rappeler que ce pays vit essentiellement de la solidarité internationale. Une solidarité d’aumône et de condescendance et non  de production pouvant aboutir à une indépendance véritable du peuple frère d’Haïti. Le Pr. Samuel Pierre de l’école polytechnique de Montréal, seul canadien d’adoption d’origine noire à être membre de l’Académie canadienne du génie  et à détenir l’unique Chaire de recherche au pays en télécommunications des prochaines générations, est l’éditeur scientifique de cet ouvrage. A propos de la dépendance d’Haïti de l’aide extérieure, il précise et s’interroge : «  Pour l’exercice 2008-2009, le budget de fonctionnement de l’État haïtien, excluant celui de l’investissement, s’est élevé à 100 milliards de gourdes, alors que les recettes anticipées de l’État ne pouvaient pas atteindre 40 milliards de gourdes. Il faut donc compter sur la communauté internationale pour combler le manque à gagner d’environ 60 milliards de gourdes représentant plus de 60% de ce budget de fonctionnement. Qu’en est-il alors du budget d’investissement ou de développement qui dépendrait presque à 100% de l’aide externe? Les questions fondamentales qui se posent aux décideurs politiques actuels et futurs sont les suivantes : comment peut-on parler de souveraineté nationale quand plus de 60% des montants nécessaires au fonctionnement de l’État dépendent des aléas et de la bonne foi d’acteurs internationaux? Comment faire progresser un pays qui ne possède guère de moyens d’élaborer et de financer un programme de développement? »           
 
  Il est important  de savoir qu’un dollar américain vaut environ 40 gourdes. Ces questions pertinentes méritent d’être également posées en Afrique où l’aide internationale entre généralement  dans les prévisions des budgets de presque tous les États du continent. L’aide internationale ne peut pas sortir Haïti comme les pays africains du labyrinthe de la néguentropie  ou du sous-développement. En effet, d’après l’économiste zambienne Dambisa Moyo dans son best seller publié en 2009 qui a pour titre : « L’aide fatale », elle affirme : « Entre  1970 et 1988, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations  s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11% à 66%. Pourquoi? Adressée directement aux gouvernements, l’aide est facile à subtiliser, elle encourage la corruption à grande échelle et fragilise le pouvoir, objet des plus vives convoitises. Plus graves encore, l’aide sape l’épargne, les investissements locaux, la mise en place d’un vrai système  bancaire et l’esprit d’entreprise. » J’ai personnellement étudié la problématique de l’aide au développement dans une étude menée pendant une année sur mon chat au Cameroun, il y a environ 15 ans. J’en étais arrivé à une conclusion similaire suite à ce que j’ai appelé le paradoxe du chat aux bons soins. C’est presque les mêmes problématiques qui se posent en Haïti. Le livre initié par le  GRAHN a aussi le mérite de prouver au monde, notamment aux pays développés que Haïti qui a été frappé par le séisme a une diaspora dynamique et de grande qualité qui doit impérativement être associée au plan de reconstruction du pays. Par ailleurs, si la communauté internationale veut réellement voir Haïti sortir du cercle vicieux de la dépendance de l’aide, c’est une nécessité de mettre en application ces propositions uniques. Pour cela, il faudrait  injecter des milliards de dollars nécessaires pour rétablir définitivement  l’honneur d’un peuple qui pourrait croire qu’il s’agit d’un sort de la divinité suprême ou un acharnement de Dieu au point d’implorer ici et là dans le recueillement ainsi que la prière, son pardon. Il ne s’agit pas d’une malédiction. Pas du tout.  C’est entièrement faux comme me disait encore récemment le Pr. Samuel Pierre dans son bureau de l’école polytechnique de Montréal en me faisant une dédicace d’un exemplaire de cet ouvrage. Ce savant haïtien fière de son africanité, il est important de le souligner, a apporté une contribution remarquable dans mon ouvrage paru en fin juin 2010 aux éditions l’Harmattan à Paris. Ouvrage qui a pour titre : «  L’avenir de l’Afrique : la diaspora intellectuelle interpellée. » Un an après ce tremblement de terre, plus d’un million d’Haïtiens  vivent encore sous les tentes et moins de 6% des décombres ont été dégagés malgré les milliards de dollars  promis pour la  reconstruction  du  pays par les principaux donateurs occidentaux. Cependant, nous pensons que le séisme qui a frappé durement le peuple frère d’Haïti n’est pas une fatalité. Bien au contraire, c’est pourquoi  l’optimisme demeure, notamment au sein de sa diaspora de la matière grise.  Cet espoir rassure et indique que ce pays exsangue trouvera un jour sa voie vers le développement grâce à sa diaspora intellectuelle. Cette diaspora du savoir est consciente du rôle qui est le sien et  aimerait relever le défi du développement de leur pays d’origine. Mais, cette volonté manifeste ne pourra se traduire en actes concrets que si la bonne gouvernance s’installe efficacement, les mentalités changent radicalement  et si le pays s’engage résolument sur le chemin de la démocratie. Il revient donc impérativement aux leaders politiques de pacifier ce pays en conjuguant d’abord  leurs  efforts par un patriotisme véritable et non de clocher. Patriotisme qui  passe nécessairement avec la  mise  sur pied des institutions crédibles et fortes qui garantiront l’investissement et la cohésion nationale sur  l’ensemble du territoire. Ce sont là quelques préalables qui favoriseront  le take off du pays  pour reprendre l’expression de  l’économiste britannique Rostow ou le décollage économique d’Haïti.    

                                                                                                                                                 Ferdinand Mayega                                                                                                 

LA DIASPORA AFRICAINE : L’OR GRIS PLUS STRATÉGIQUE AU DÉVELOPPEMENT QUE L’OR NOIR

 La diaspora africaine est une mine d’or grise pour l’Afrique. Elle constitue  la meilleure ressource stratégique et  inépuisable loin devant  le pétrole et les autres richesses du sol et du sous-sol. 

D’après la Commission de l’Union africaine, la diaspora africaine désigne « les personnes d’origine africaine vivant hors du continent africain, qui sont désireuses de contribuer à son développement et à la construction de l’Union africaine, quelles que soient leur citoyenneté et leur nationalité ».  Dès lors, il s’agit de toutes les personnes  où qu’elles se trouvent à travers le monde ayant  des racines africaines. Entre dans cette catégorie, la diaspora noire d’Amérique latine, d’Amérique du Nord, de la Caraïbe, de l’Europe. Nous ne saurions oublier les noirs ou Kahlouck de la péninsule arabique ou du Moyen-Orient de confessions musulmane dans leur majorité ainsi  que  les noirs de confession juive d’Israël  encore appelés les Falachas originaires d’Éthiopie. Vous pouvez alors imaginer le poids humain, le pouvoir financier, le savoir et savoir-faire  de ces Africains éparpillés à  travers le monde.  La diaspora africaine est la 6ème région africaine ou le 54ème pays du continent. On estime aujourd’hui à environ 200 millions de personnes, la diaspora africaine. En termes de flux financiers en direction d’Afrique, cette diaspora transférerait aujourd’hui  environ 40 milliards de dollars annuellement. Rien qu’à l’échelle des États-Unis, les 4 millions d’Africains vivant aux États-Unis, si on excluait les Africains-américains, descendants d’esclaves, envoient annuellement l’équivalent de 20 milliards de dollars. Vous pouvez alors imaginer ce qu’une bonne politique de gouvernance en matière d’investissement et de retour de cette diaspora  à l’échelle continentale favoriserait en termes de  retour sur investissement pour les pays. L’Égypte, le Maroc et le Nigéria sont les plus grands bénéficiaires sur le continent du transfert de fonds de la diaspora africaine. Par ailleurs, cette diaspora a un savoir et un savoir-faire qui peut être d’une grande utilité pour le développement durable de l’Afrique. Le continent africain doit impérativement adopter une politique incitative pour rechercher l’expertise de cette diaspora parce que l’Afrique dépense annuellement plus de 4 milliards de dollars pour  l’utilisation des experts occidentaux sur le continent. Ces experts du Nord sont estimés  annuellement à environ  150 000. Au lieu d’utiliser le savoir-faire occidental, dans le cadre de la coopération, il serait mieux de faire appel à l’expertise de sa diaspora. Cette politique a au moins deux avantages : Tout d’abord, l’utilisation de l’expertise de la diaspora africaine a l’avantage  de créer un pont entre ces derniers et l’Afrique mais aussi de favoriser le retour régulier de cette diaspora en Afrique. Ceci aura pour avantage de promouvoir un tourisme de la diaspora qui va générer en retour des centaines de millions ou des milliards de dollars dans l’économie africaine. Ensuite, la reconnaissance du  know how ou savoir-faire de ces Africains  de l’extérieur ainsi que  le sentiment de l’intérêt qu’ils représentent  aux yeux des leaders politiques va également  encourager le retour  de certains d’entre eux en Afrique. Au lieu d’espérer d’un transfert de technologie  du Nord vers l’Afrique, c’est cette diaspora de la matière grise qui  va aider au transfert de connaissance en Afrique. Ce transfert de technologie sur le continent par la diaspora aura pour avantage de relever le niveau du système éducatif en Afrique et de faciliter l’accès au même savoir-faire aux ingénieurs et professeurs  d’écoles d’ingénieurs ou d’universités africaines. Ainsi, l’exode des cerveaux sera ralenti comparativement à la saignée que nous observons en ce moment . En effet, on estime qu’environ 23 000 universitaires quittent l’Afrique chaque année et cela coûte environ 4 milliards de dollars. D’après Lalla Ben   Barka de la Commission économique pour l’Afrique(CEA) des Nations Unies, d’ici 2030, l’Afrique sera vidée de ses cerveaux. Il y a de quoi être inquiet même si l’exode est manichéen  dan s la mesure où il a des inconvénients mais aussi des avantages pour l’Afrique. Pour  le chercheur Mercy Brown de l’Université de Cape Town, à propos de l’avantage comparatif de l’exode des cerveaux, il affirme : « […] c’est voir l’exode des cerveaux comme un avantage à exploiter […] Les expatriés hautement qualifiés constituent un bassin de spécialistes dont le pays d’origine peut tirer profit […] le défi consiste à recruter ces cerveaux. » D’après l’organisation internationale des migrations(OIM),  plus de 300 000 spécialistes africains habitent à l’extérieur de l’Afrique et d’autres Africains hautement qualifiés quittent le continent africain chaque année sans la garantie de revenir. Entre 1980 et 1991, un pays comme l’Éthiopie a perdu 75%  de sa main d’œuvre spécialisée. Pire encore, plus de 35% de l’aide publique au développement destinée à l’Afrique sert encore à payer les spécialistes étrangers. La diaspora, d’une manière générale dans les pays en développement,  constitue la deuxième source de devises étrangères  et dans certains pays, ces  transferts de fonds sont devenus la première source de devises devant l’aide accordée à ces États.   En 2004, les transferts de fonds de la diaspora dans les pays en développement, notamment sur le continent africain, s’élevaient  à 126 milliards de dollars. Pendant la même période, les flux d’investissement directs étrangers avoisinaient 165  milliards de dollars alors que l’aide publique au développement durant la même année était estimée à 79 milliards de dollars. Si on ajoute à ces transferts d’argent par les canaux officiels, l’envoi de devises par les moyens non officiels, on se rend vite compte que la diaspora africaine est une ressource stratégique majeure pour l’Afrique et son développement.  Cette  diaspora africaine est donc un capital humain et une ressource nécessaire que les dirigeants africains doivent  absolument courtisés.  C’est ainsi que ces derniers participeront efficacement à la prospérité de l’Afrique. Il revient aux leaders politiques  d’avoir une vision du futur ou un réel plan d’action pour profiter  beaucoup plus encore de l’expertise de sa forte diaspora du monde. Ces Africains éparpillés à travers le monde veulent apporter  leur pierre à l’édification d’une Afrique riche et prospère d’ici  une à deux générations.  Comme tous les Africains sur le continent, la diaspora africaine aimerait voir l’Afrique jouer un rôle non négligeable dans ce 21ème siècle dans la marche des affaires du monde.

ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LA DIASPORA COMME RESSOURCE STRATÉGIQUE ET LE PÉTROLE 

La diaspora est de l’or gris pour l’Afrique et une ressource renouvelable  grâce à l’équilibre de la nature qui voudrait que les Hommes naissent, grandissent et meurent depuis la création de l’humanité alors que le pétrole est de l’or noir et une ressource non renouvelable après quelques décennies d’exploitation des gisements pétrolifères. La diaspora comme ressource n’aiguise pas autant les appétits que le pétrole. Elle ne peut pas être facilement source de conflits ou de guerres civiles comme l’or noir avec généralement l’influence des acteurs nationaux ou étrangers. L’or gris peut favoriser durablement le transfert de connaissance ou de technologie en Afrique. Ce transfert est beaucoup moins nuisible que le pétrole comme l’une des sources du réchauffement climatique ou l’effet de serre même si l’or noir permet également de fabriquer plusieurs produits dérivés.  L’or gris favorise moins de corruption malgré les transferts de fonds importants alors que les recettes de l’or noir  sont au cœur des malversations financières ou la corruption avec les connexions  à l’extérieur.   L’or gris peut jouer aussi le rôle de lobbying pour  l’Afrique auprès des pays d’adoption. C’est cette politique qui fait la force de l’État d’Israël à travers  le monde grâce aux lobbies   Juifs. Nous pouvons citer l’American Israël Public Affaires Committee  (AIPAC) qui influencerait le Congrès à travers ses contributions de campagne pendant que Washington Institute for Near  East Policy(WINEP) aurait une forte influence sur les médias et le pouvoir exécutif sur la politique des États-Unis envers l’État Hébreu.  La diaspora peut également relancer  le tourisme en Afrique grâce à ce que l’on peut appeler le tourisme de la diaspora si des politiques incitatives sont mises sur pied par des leaders politiques africains. Ces politiques incitatives vont encourager le retour aux sources de cette diaspora dans l’optique de renforcer le lien d’appartenance, le pont entre ces Africains de l’étranger  et le continent de leur origine. Ce nouveau type de tourisme peut générer  d’énormes  rentrées financières   qui vont aider à la création de nombreux emplois directs et indirects. Si  l’or noir peut être facilement contrôlé par les pouvoirs en place en Afrique, l’or gris est difficilement contrôlable par les dirigeants africains et peut constituer un relais important d’informations des citoyens vivant sur le continent auprès de nombreux cercles de décision en Occident. Par ailleurs, dans des régimes moins démocratiques  ou dictatoriaux en Afrique, il est facile  de brouiller les connexions sur internet et des réseaux sociaux. Par contre, la diaspora a l’avantage qu’elle peut continuer à opérer en toute liberté et contrôle de ses outils  de communication transversale   et asynchrones comme le réseau des réseaux. L’or gris peut donc constituer un puissant moyen de démocratisation  et d’aspiration à plus de liberté et de bonne gouvernance dans les États africains.  La diaspora est donc une ressource stratégique pour le progrès de l’Afrique. Cet or gris peut également permettre au continent africain d’avoir son mot à dire ou son rôle à jouer dans les prochaines décennies dans la marche des affaires du monde. Le plus important est de savoir s’en servir  pour le mieux afin de sortir l’Afrique du sous -développement. Comme vous pouvez le constater, au même titre que l’or noir, voire beaucoup plus, l’or gris constitue une importante ressource stratégique pour l’Afrique. Si la pétrostratégie est devenue un champ d’étude ou de recherche, voire une spécialisation dans certaines écoles ou instituts de relations internationales et stratégiques, il n’est pas exclu que dans quelques années, ce que j’appelle la diaspostratégie puisse également devenir un champ d’étude ou de recherche et même une spécialisation universitaire. Tellement la diaspora devient de plus en plus un sujet d’actualité qu’il y a un regain d’intérêt aussi bien pour les leaders politiques africains que les autres dirigeants du monde. Le Président du Vietnam Nguyen Minh Triet, dans une entrevue accordée récemment au palais présidentiel à Hanoi  au confrère d’origine ivoirienne Joseph Ahekoe, directeur de publication du magazine Francophonie Actualités basé à Paris, indiquait que la République socialiste du Vietnam comptait sur les 3 millions de Vietnamiens de la diaspora encore appelés les Viet Khieu pour entrer dans le cercle fermé des pays développés à l’horizon 2020. C’est dire l’importance qu’on accorde à travers le monde à l’or gris pour accéder à la prospérité. 

Je voudrais n’a jamais rien fait. J’essaierai a fait de grandes choses. Je veux a fait des miracles. Il n’est donc plus question pour la classe politique africaine de se limiter aux discours et aux promesses souvent non tenus et creux. Il est temps de passer aux actions concrètes pour tirer le meilleur avantage de l’expertise et des richesses de sa diaspora pour espérer sortir du labyrinthe de la néguentropie, du cercle vicieux sous-développement. L’or gris doit impérativement être au cœur de la perspective du développement des États africains. Cette diaspora manifeste globalement la volonté de participer à ce défi de taille. Il importe aux dirigeants des  pays de les associer dans un environnement  sécuritaire et favorable à l’éclosion de la recherche  scientifique  et  technologique.

                                                    Ferdinand Mayega à Montréal
                                                                                                         

                                                                                          

LE TEMPS : RESSOURCE RARE À RATIONALISER POUR LE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE

 Après 50 ans d’indépendance de 17 États francophones, nous sommes unanimement d’accord qu’il y a eu davantage un recul que des avancées significatives durant les cinq décennies d’autodétermination.  Il faut donc  rectifier le tir afin que les 50 prochaines années qui suivront puissent favoriser l’essor de l’Afrique. Pour atteindre notre objectif, il est nécessaire de rentabiliser notre temps au quotidien. En Afrique, il faut cesser d’évoluer comme si on était dans une espèce de fusée non accélérée en état d’apesanteur ou de microgravité c’est-à-dire dans un monde où la notion du temps est complètement arrêtée. Le temps est une ressource rare et d’une grande importance dans l’équation complexe du développement de l’Afrique. La quatrième dimension de l’espace est d’une nécessité absolue dans le progrès d’une société. Chaque seconde qui passe, le temps nous dit au revoir. Il faut donc s’interroger constamment si nous avons pu rationaliser notre temps pour le progrès de l’Afrique. Tous les pays développés ou en émergence sont ceux qui ont compris que le temps est une ressource  rare qu’il faut intégrer au quotidien dans la perspective de son développement. C’est pourquoi un pays comme la Chine grâce à la politique de réforme et d’ouverture instituée en 1978 par le président Deng Xiaoping est devenue la deuxième économie du monde en trois décennies. Il ne faut donc pas un siècle ou deux pour se développer. Si la prise de conscience est individuelle et collective en Afrique et au sein de sa diaspora, nous pouvons relever le défi du développement en Afrique en moins de 5 décennies. Tous les pays ne pourront peut-être pas se développer au même rythme compte tenu de la spécificité et du potentiel humain et naturel de chaque État. Mais  les pays qui vont se démarquer rapidement sur la voie du développement vont tirer impérativement les autres pays comme une locomotive  qui tire les trains. Les pôles de croissance ou de développement sur le continent vont favoriser un effet d’entraînement chez les autres États qui avançaient moins rapidement. L’Afrique peut donc rattraper son retard. C’est une question de volonté et de détermination. Mais pour y arriver, une fois de plus, il faut nécessairement concevoir le temps comme une ressource extrêmement rare et d’une grande utilité dans le développement. Nombreux sont ceux qui disent qu’un demi-siècle d’indépendance, ce n’est pas assez pour sortir du sous-développement. Si on admet à chaque fois que 50 ans, ce n’est pas beaucoup dans le cycle du développement d’un continent, on risque affirmer exactement la même chose en 2060 lorsque ces États fêteront un siècle d’indépendance marqué toujours par la paupérisation croissante et la dépendance à l’aide extérieure. D’où l’intérêt de s’interroger au quotidien des efforts accomplis pour sortir du cercle vicieux du sous-développement. C’est ainsi seulement que l’Afrique pourra notablement améliorer les conditions d’existence de sa population pour accéder à la prospérité comme  d’autres États du monde. En Occident, le temps est géré au quotidien aussi bien par les pouvoirs publics que les citoyens comme une ressource extrêmement rare.  Raison pour laquelle les gens sont toujours à la course.  Lorsque les gens montent sur les ascenseurs par exemple, malgré le fait que cet outil en mouvement facilite le déplacement d’un point A vers un point B à une certaine vitesse, il n’en demeure pas moins vrai qu’on observe généralement les personnes qui continuent de marcher rapidement d’une marche à l’autre pendant que l’ascenseur est toujours en mouvement. Ce phénomène apparemment anodin observable chaque jour à Montréal et que nous faisons aussi est d’une forte signification.  C’est la preuve de l’importance qu’on accorde au temps comme une ressource rare et nécessaire à l’équation complexe du progrès d’une manière générale. Il faut donc arrêter de concevoir le temps en Afrique sous un angle qu’on pourrait qualifier d’héraclitéen c’est-à-dire comme un écoulement perpétuel et sans objet. Dorénavant, tous les Africains gagneraient à concevoir le temps sous un angle qu’on pourrait qualifier d’éluardien ou encore de Mc halenien. Il s’agit pour nous de s’interroger au quotidien de ce que nous avons fait de meilleur en rationalisant  notre  temps pour son propre progrès et celui de notre continent dans l’ensemble. Le développement durable de l’Afrique  passe résolument par cette  vision du progrès global des autres peuples  d’Occident et d’Asie. 

 Le développement est l’ensemble des modifications ou des transformations qualitatives qui favorisent l’amélioration des conditions d’existence. C’est donc la somme des efforts multidimensionnels et multisectoriels pour améliorer les conditions de vie qui permettra à l’Afrique de sortir du goulag de la pauvreté. Chaque effort compte et le temps presse pour réussir à atteindre ces objectifs dans quelques décennies. Mettons nous au travail, au travail bienfait.  Chacun d’entre nous à sa partition à jouer. L’essentiel est de bien jouer sa note de musique afin d’éviter de reprendre les erreurs du passé qui ont miné le progrès de l’Afrique durant un demi-siècle d’indépendance.                                                                    Ferdinand Mayega à Montréal 

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