MISSION HUMANITAIRE CANADIENNE AU CAMEROUN

      MISSION HUMANITAIRE CANADIENNE  AU CAMEROUN

        DES ÉTUDIANTS EN SOINS INFIRMIERS DU CÉGEP

Une délégation d’une douzaine d’étudiants et de deux enseignants du département de soins infirmiers du Cégep de Trois-rivières au Québec a séjournée à partir du 1er février dans le département de la Menoua à l’ouest  du Cameroun pour une mission humanitaire d’un mois.

Cette première expérience en terre africaine  permettra aux futurs infirmiers  québécois dans le cadre de leur projet de  coopération internationale  parrainé par la Fondation Canadienne pour le Développement Durable de l’Afrique (FCDDA) de soutenir les efforts des populations et  des pouvoirs publics du Cameroun en matière de santé dans la localité de Fonakeukeu.

Ce projet  au Cameroun  est estimé à au moins 50.000$ can .Il est  prévu  que chacun des participants au projet doit emmener dans ses valises,environ 23 Kg de médicaments et du matériel médical ainsi que celui destiné à l’enseignement des soins de santéAu cours de ce séjour de quatre semaines pour la bonne cause auprès  de plusieurs villages de cette grande région touristique, véritable paradis lunaire  au climat printanier unique en son genre au Cameroun, la délégation canadienne aura comme objectif à atteindre :

  • - Dispenser des soins infirmiers à la population des différents villages;
  • - Effectuer l’enseignement sur les problèmes prioritaires de santé ciblés par l’Organisation Mondiale de la Santé;
  • - Promouvoir de saines habitudes de vie et participer aux activités et à la mise en place des dispensaires mobiles ;
  • - Favoriser le développement d’une prise en charge autonome de la santé par la population locale;
  • - Sensibiliser les étudiants à la mondialisation des soins et à la santé communautaire ainsi qu’à différentes cultures.

Comme pouvez le constater, la mission humanitaire des étudiants en soins infirmiers  est hautement attendue par les populations et les dirigeants de la localité de Fonakeukeu et d’autres municipalités environnantes.

D’après M. Jean Paul Nanfack,journaliste et titulaire d’un master en  communication de l’université du Québec à Montréal, et 1er adjoint au maire chargé de la coopération et du marketing de Fongo Tongo, localité de 65.000 habitants distante de 10km de Fonakeukeu ,joint au téléphone depuis Trois-Rivières,il réagit  à cette bonne nouvelle dans leur région en ces termes :<< cette coopération nord-sud entre le Canada et le Cameroun à travers la venue au pays de jeunes québécois pour une mission humanitaire d' un mois est la preuve  que la coopération décentralisée entre communes de notre région du pays et celles du Québec  peut favoriser l'émergence du développement durable du Cameroun.>>

Le choix du Cameroun pour ces étudiants sera  une expérience passionnante et enrichissante. D’après Mme Hélène Bailleu, coordonnatrice du département de soins infirmiers du Cégep de Trois-rivières, elle donne les raisons de ce projet à l’international :<< Cette mission humanitaire au  Cameroun permettra à nos étudiants d’apporter leur appui  aux  populations en soins de santé et aux professionnels dans le  dispensaire de Fonakeukeu…Ce projet aura aussi l’avantage de permettre à nos étudiants de voir comment les infirmiers de ce pays avec peu de moyens à leur disposition notamment en matériel de soins de santé et médicaments essentiels parviennent malgré tout à donner le meilleur d’eux même aux populations. C’est d’autant plus important pour nos étudiants car certains pourront capitaliser un jour ce savoir faire au sein des organisations humanitaires lors des missions d’urgence. Après une expérience similaire de deux semaines au Grand Nord canadien auprès des autochtones, notre souhait était de voir un projet de cette nature en Afrique. Notre choix s’est porté sur le Cameroun, pays bilingue comme le Canada>>.

Il est important de savoir que le coordonnateur du service de coopération  et de développement international du Cégep de Trois-Rivières, l’équivalent de nos Iut  au Cameroun est M. Philippe Mpeck, citoyen canadien d’origine camerounaise vivant au Québec depuis 26ans.Ce dernier à propos du projet au Cameroun donne son opinion :<<Je suis heureux de la volonté acharnée et la détermination de cette délégation de notre Cégep d’apporter son savoir faire au Cameroun. C’est un projet important parmi tant d’autres de notre établissement scolaire dans mon pays d’origine>>.  

Les membres de cette délégation du Cégep de Trois-Rivières se préparent activement à quitter le 31 janvier le sol canadien pour venir porter assistance  dans cette région du pays. C’est ici le lieu pour nous de souhaiter à ces jeunes trifluviens ou habitants de Trois-Rivières, un agréable séjour au Cameroun.

 

  Ferdinand Mayega à Trois-Rivières

                                             

                                      

                                                        

                                                          

                                                                  

                                                                

 

 

LIBERTÉ DE LA PRESSE EN DANGER AU CAMEROUN

           LIBERTÉ DE LA PRESSE  EN DANGER AU CAMEROUN

La liberté, et plus particulièrement celle de la presse, n’est  toujours pas acquise au Cameroun et constitue une bataille de tous les instants pour les journalistes de ce pays bilingue d’Afrique centrale. Parce que  la presse d’une manière générale et plus spécifiquement la presse camerounaise s’inscrit dans un jeu de pouvoirs où l’exécutif, le judiciaire ainsi que le législatif ne cherchent que la moindre faille  pour bâillonner les chevaliers de la plume et du micro à exercer librement leur métier au quotidien.

            LA LIBERTÉ DE LA PRESSE : UNE   CONQUÊTE PERMANENTE

Les hommes de médias camerounais s’efforcent contre vent et marée  dans un espace de liberté  restreinte   pour mieux informer le public de manière impartiale. Cependant, il n’est pas facile et aisé pour le  journaliste soucieux de son indépendance dans l’exercice du journalisme au Cameroun d’écrire ce qu’il juge juste même après avoir adopté une rigueur totale tout  au long du processus du traitement de l’information.

Les pouvoirs publics notamment le ministère de la Communication dans sa volonté d’imposer une ligne  à ne pas franchir aux journalistes utilise tous les stratagèmes ou toutes les ruses pour influencer le contenu rédactionnel de la presse privée dite indépendante. C’est ainsi que  d’autres administrations gouvernementales telles la Justice, l’Administration territoriale, la Sécurité intérieure et  la Défense viennent à la rescousse du ministère  de la Communication pour faire fléchir les journalistes. Ces  services publics plus à la solde du régime au pouvoir et non des citoyens   utilisent tous les moyens dissuasifs tels des procès le plus souvent kafkaïen ou absurde, des menaces anonymes voire des arrestations en se justifiant par l’incitation à la menace de la paix sociale et le trouble à l’ordre public. C’est ainsi qu’il est presque impossible pour un journal de traiter des sujets sensibles qui touchent le centre nerveux du gouvernement du Président Paul Biya au pouvoir depuis  26 ans. Il s’agit des scandales dont-il ou ses   proches sont impliqués notamment la fuite des capitaux pour des paradis fiscaux. Il est aussi dangereux  de parler dans son journal de l’Armée, de la magistrature …  Le directeur de publication, le rédacteur en chef ou l’auteur de l’article s’expose à de multiples pressions qui l’empêche à poursuivre son investigation. Cette situation ne favorise pas chez le journaliste, l’exercice de la profession en toute liberté. Le quotidien Le Messager fondé en 1979 à Bafoussam, à l’ouest du Cameroun par le journaliste Puis Njawe, dans sa lutte effrénée pour la liberté de presse et d’opinion au Cameroun, de juin 1984 à juin 1986, fut saisi 5 fois et censuré 12 fois. Dans l’édition du Messager du 27 décembre 1990,une lettre ouverte écrite au Président de la République sous le titre évocateur  << Démocratie truquée >>, qui était adressée au chef de l’État Paul  Biya pour dénoncer la magistrature d’être à la botte du pouvoir exécutif avait  entraînée un procès retentissant qui fera encore date dans la lutte pour la liberté de la presse  au Cameroun .En effet, pour la première fois dans  la conquête permanente pour la liberté d’expression et la démocratie au Cameroun, près de 115 avocats du barreau  s’étaient  lancés à la défense du journal avec l’appui d’une forte mobilisation populaire. Les médias internationaux tels Le Monde et Le Journal de Genève  ainsi que des associations comme Reporters sans Frontières  ont attiré l’attention de la communauté  internationale au sujet de ce procès extrajudiciaire. Malgré ce regain d’intérêt et l’invitation du pouvoir en place à plus de clémence,M. Pius Njawe avait été emprisonné à 6 mois de prison avec sursis et 300 000 F CFA d’amende.

Cette période faste pour la conquête des libertés notamment de la liberté de presse au Cameroun avait permis au journal Le Messager d’atteindre le tirage record en 1991 de 80 000 exemplaires. Ce journal privé indépendant du paysage médiatique camerounais avait profité alors d’une grande audience  et crédibilité auprès de l’opinion au point qu’il s’est vu récompenser par de la publicité régulière de plusieurs  petites et moyennes entreprises nationales et de grandes multinationales comme le Géant pharmaceutique français Rhône Poulenc et le britannique de l’électronique Philips. Ensuite, il faut noter  que son directeur de publication Pius Njawe avait été honoré pour cette lutte pour la liberté de presse, en mars 1991 à Abidjan en Côte d’ivoire du Prix de la liberté d’expression de l’UJPLF mieux connu de nos jours par l’Union de la presse francophone ou l’UPF, et deux ans plus tard soit en mai 1993 à Berlin en Allemagne de la Plume d’or de la liberté de l’Association mondiale des journaux ou AMJ. Si la presse camerounaise semble avoir avancée d’un pas, grâce à une lutte multi frontale dans sa quête pour la liberté de presse par de nombreux  journalistes   appartenant à divers autres médias privés, il faut reconnaître que cette bataille est  loin d’être gagnée depuis près de deux décennies  .Pour cela, la presse poursuit son combat  par son état  d’éveil pour conserver de petit acquis et chercher à avancer d’un pas décisif pour ne pas courir à sa perte malgré tous les goulots d’étranglement du pouvoir en pl

     LA LIBERTÉ DE PRESSE : UN PAS EN AVANT ET DEUX PAS EN ARRIÈRE

 Si le gouvernement  semble avoir  fait un pas positif  pour ce qui concerne la  censure symbolique plus ouverte  avec  l’avènement du  multipartisme grâce à la loi du 4 janvier 1996, il faut néanmoins reconnaître  qu’une forme de censure moins ouverte mais plus subtile  et  davantage dangereuse  remplace celle qui existait avant le pluralisme politique. En effet, cet environnement malsain de la  presse privée camerounaise soucieuse de  l’éclosion  d’une démocratie véritable,de la liberté de la presse et  du respect des libertés individuelles au Cameroun provoque chez les journalistes,une certaine psychose des lendemains incertains. Si on publie dans son journal., un article dénonçant avec véhémence le trafic d’influence de la haute hiérarchie de l’Etat, la corruption,les malversations  des cols blancs  du régime  de l’argent du contribuable camerounais,il faut s’attendre à des représailles de ce régimes à la fois gérontocratique et peu démocratique qui gouverne par la peur. Il est facile pour l’homme de médias de subir le courroux  de ces derniers à tout moment ou de leurs  proches. Cette menace peut-être mise à   exécution par des inconnus cagoulés dans un taxi, sur la rue à une certaine heure de la soirée ou de la matinée ou tout simplement à son propre domicile. Nombreux sont les journalistes, qui jus qu’ici subissent de telles méthodes propres aux  régimes totalitaires.

En ma qualité de journaliste originaire du Cameroun, ayant exercé entre 1997 et 2007 dans ce pays, il est difficile de me souvenir le nombre d’appels anonymes, de pressions diverses ou    de menaces sérieuses sur ma personne. Ma liberté de ton et mon analyse des questions plurielles de la société camerounaise ne m’ont pas valu aussi bien à travers mes articles ou mes interventions dans les radios, un sommeil facile et la paix de l’esprit. Pour prendre un ou deux exemples  justifiant ce fait  malgré la fin de la censure préalable, considérée comme un pas en avant des autorités publiques, ces derniers ont ramené la liberté de presse de deux pas en arrières par l’utilisation d’autres moyens plus contraignants. C’est ce que nous appelons  dans le contexte camerounais, la danse Bafia, danse de l’ethnie du même nom au pays caractérisée par des mouvements dansants d’un pas en avant pour deux pas en arrière.

                                    UNE LÉÇON DE LIBERTÉ D’EXPRESSION  AU  BÉNIN                    

De retour d’un voyage au Bénin   en octobre 2006 où j’étais en mission de travail, j’avais été   frappé personnellement par les espaces de liberté dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest. Alors qu’il est formellement  interdit au Cameroun au corps de l’armée d’organiser ou de prendre part au débat démocratique du pays, au Bénin, au siège de Justice & Paix à Cotonou, situé au Champ d’Oiseau, non loin du prestigieux collège Catholique du Père Aupiais, le colonel Étienne Adossou, conseiller technique au ministère de la Défense chargé des affaires stratégiques avait donné une conférence publique sur le thème :<< Démocratie au sein de l’Armée :Richesses et limites de la liberté d’expression. >>

Dans son exposé dense et riche d’enseignement pour le journaliste camerounais n’ayant jamais vu ou entendu une seule fois au Cameroun, un officier militaire ou de rang prendre part à un débat démocratique dans notre pays, c’est avec beaucoup de surprise et d’émerveillement qu’il faut constater qu’un colonel d’armée du Bénin ayant un poste sensible  entretient un public nombreux sur un  sujet tout aussi sensible. Presque deux heures après une conférence ponctuée des séances de questions- réponses, le Colonel Etienne Adossou  conclut son exposé ainsi  :<< Je ne finirai pas sans indiquer également que l’Institution militaire a maintenant compris qu’il faut qu’elle soit  présente sur tous les lieux où l’on débat de la chose militaire. Le seul fait de participer, a un impact favorable sur l’opinion. L’absence de l’armée peut être interprétée comme un refus de partager les valeurs démocratiques. Notre présence   ici aujourd’hui est un exemple de l’ouverture de l’armée. Il faut que ces occasions se multiplient :D’abord pour nous permettre d’expliquer de temps en temps à la communauté nationale,pourquoi l’armée a autant besoin de prélever sur la richesse nationale,pour mieux préserver le Bénin des cupidités étrangères et de l’insécurité.,ensuite,pour faire connaître,les activités que nous menons au profit de nos populations(pavés,santé,etc.),et .,  pour faire naître la vocation chez les futurs serviteurs de l’armée béninoise.>> Et le colonel Etienne Adossou  d’ajouter pour terminer par cette autre phrase de choc :<< Neutre et loyal,le militaire n’est ni sourd,ni aveugle,ni paralytique.,il ne saurait être muet sans que cette infirmité ne réagisse sur la santé de l’armée elle-même.>>

Comme si cette première surprise ne suffisait pas, mon second étonnement au Bénin est de  constater aussi  que le  Président nouvellement élu au cours d’une élection libre et démocratique, l’ancien directeur de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) surprend par sa simplicité. Le brillant économiste Yayi Boni a refusé d’habiter le Palais présidentiel de Marina et a choisi de vivre dans sa résidence privée du quartier populaire de Cadjehoun à Cotonou, où les militaires ne sont presque pas visibles aux alentours de ce domicile, et  où tout le monde peut passer autant de fois qu’il veut dans la journée. A défaut d’avoir  eu la possibilité de le rencontrer pendant le reste de mon séjour à cause  de son calendrier chargé, le Président de la République,  ouvert aux hommes de médias, certains de ses proches ont bien voulu me donner   les raisons pour lesquelles, il a choisi de vivre au milieu de son peuple. Il se trouve que le Président Yayi Boni  avait pensé qu’en vivant au milieu de son peuple dans ce quartier majoritairement constitué de citoyens moins nantis, il pourra mieux se rendre compte des effets de sa politique économique de réduction de la pauvreté et de lutte contre le chômage auprès des citoyens béninois les plus pauvres.

Tous ces indicateurs fiables de la démocratie et de la liberté d’expression dans ce pays justifient aussi la raison pour laquelle, la liberté de la presse au Bénin est la plus large sur le continent africain depuis plusieurs années. J’ai pu le constater par  moi-même aussi dans la ligne éditoriale de plusieurs journaux privés indépendant comme La Gazette du Golfe, Fraternité, Le Matin,L’Autre Quotidien,Le Béninois Libéré,etc. Le père Andre Quenum, directeur de publication du journal catholique Lacroix du Bénin, titulaire d’un PhD en communication obtenu aux Etats-Unis et qui a exercé dans plusieurs  médias américains me confiait aussi que les espaces de liberté au Bénin sont larges, mais le combat se poursuit au sein de  son journal pour conquérir encore plus de liberté de la presse. Le quotidien national La Nation n’échappe pas à cette volonté d’impartialité dans le traitement de l’information émanant des autorités publiques. D’après sa directrice de la Publication, Mme Reine Azifan, la liberté de presse ne saurait être au Bénin, l’affaire de la seule presse privée. Raison pour laquelle, la nomination au poste de directeur de la publication est faite après une sélection rigoureuse d’un candidat parmi  de  nombreux postulants par le Haut conseil de la communication du Bénin. Ce n’est qu’après ce choix par les membres de cette haute autorité de la communication que le Président peut officialiser ce choix par une nomination à ce poste. C’est tout le contraire au Cameroun où le Président décide de qui va être le directeur de publication du quotidien gouvernemental  Cameroon Tribune.   

A mon retour au Cameroun, je décide de faire partager cette expérience aussi bien à la radio lors d’une  invitation sur les ondes d’une station locale bien écoutée  de Douala (Sweet FM) ainsi qu’en faisant un dossier au sujet de l’importance de l’armée dans le processus démocratique au Cameroun sur la base de l’expérience vécue au Bénin. Ensuite, j’ai publié un article sur la simplicité de la vie du Président Yayi Boni du Bénin dans une résidence privée du quartier pauvre de Cadjehoun à Cotonou. Pour ces articles ou mes opinions,  j’ai risqué ma vie à plusieurs reprises, reçu de multiples menaces anonymes de personnes refusant de s’identifier au téléphone car leur numéro de téléphone respectif  n’apparaissait pas  sur mon cellulaire. Pour prouver de leur capacité à mettre en exécution leur menace, je me suis fait  agresser et violenter dans la soirée du 28 novembre, jour de mon arrivée pour une mission de travail  dans la ville de Yaoundé, capitale politique .Et dans la matinée du 02 décembre 2006 alors que j’étais  sur le chemin du retour sur Douala, ma ville de résidence et capitale économique, je suis encore l’objet d’une autre agression dans un autre taxi de cette ville par d’autres inconnus. Au cours de ces deux agressions, ces personnes  me prennent  des objets importants notamment mon téléphone cellulaire afin de mieux savoir mes sources d’informations en consultant mon répertoire téléphonique. Il faut rappeler que la ville de Yaoundé se trouve à environ 300 Km de la ville de Douala. Je n’ai eu la vie sauve que grâce à la puissance divine  car le pistolet qu’on m’avait pointé sur la tempe au niveau de l’oreille par une femme au milieu de ses complices visait à me réduire au silence  définitivement ou tout au moins à me prouver qu’on est bel et bien dans un État policier. C’était le jour de la première agression pendant laquelle, j’avais été jeté hors de la voiture alors que celle-ci  roulait sur une pente après m’avoir terroriser l’esprit. Comme si cela ne suffisait pas, moins de 4 jours plus tard, toujours à bord d’un taxi, on me faisait vivre une situation quasi identique. Face à des menaces d’une telle ampleur, peut-on affirmer qu’il y a eu des avancées au Cameroun en matière de liberté de la presse? Pas du tout, car beaucoup d’autres journalistes ont connus ces derniers jours, des situations presque similaires.

 Les émeutes de février dernier   au Cameroun sont venues prouver une fois de plus, la difficulté d’exercer librement le journalisme dans ce pays. Le cas du directeur de publication de l’hebdomadaire La Nouvelle Presse, Blaise Mvié dont la disparition avait été constaté par son épouse et la grande famille de la presse camerounaise,  est venue  encore jeter du trouble dans les esprits quant à la volonté du régime en place d’instaurer la démocratie et promouvoir la liberté de la presse. L’opinion publique et les journalistes ont soupçonné des hommes en treillis vêtus pour l’occasion de tenues  ne dévoilant pas leur appartenance au corps de l’armée ou des services de renseignement d’avoir enlevé le journaliste Blaise Mvié. La raison de son enlèvement est la publication d’un article au sujet  du ministère de la Défense. C’est dire la difficulté de parler ou d’écrire sur certains sujets pourtant de grande importance au Cameroun.

La loi No 90/050 du 19 décembre 1990 sur la communication sociale au Cameroun reconnaît en ses  Art 49 et 50, l’intérêt pour les journalistes d’avoir accès aux sources d’informations officielles mais aussi le droit de protéger ses sources. Le code de déontologie de l’Union des journalistes du Cameroun (UJC) adopté à Douala, le 16 octobre 1996 précise en son Art 10 que le journaliste a le droit de refuser de révéler ses sources. Mais cette menace au quotidien sur les journalistes vise  aussi à  forcer ces derniers à révéler leurs  sources ou de se taire .Car les autorités ne  parviennent pas toujours à comprendre que  malgré leur  refus de fournir librement les informations officielles aux journalistes de la presse privée, les hommes de médias arrivent malgré tout  à fournir des informations top secret aux lecteurs. Les autorités gouvernementales veulent imposer par tous les moyens, une liberté aménagée au sein de la presse privée camerounaise pour reprendre l’expression du journaliste français Francis Bale. Il ne s’agit  pas  de la liberté de presse, encore moins de celle d’expression, mais de la liberté d’être en accord ou de se taire. Pourtant,  Françoise Giroud dans la revue Trimedia de l’École supérieure de journalisme de Lille, le 15 juin 1978, ¸à propos de la fonction de la presse disait :<< La fonction de la presse, c'est l'anti-pouvoir, et je dirais qu'un journal qui n'est pas à 51% dans l'opposition est un journal perdu. >>.

Dans un pays comme le Cameroun où la démocratie est assise au lieu d’être débout, la presse privée devait pourtant être encouragée à jouer son rôle de contre pouvoir, de chien de garde. Parce que l’information est nécessaire à la démocratie et (donc) à la cohésion nationale…Du commencement à la  fin de la démarche  démocratique, il y a l’information. Il faut savoir pour dire, savoir pour faire, savoir pour décider, savoir pour être un homme, un citoyen, un militant, un patriote, un compatriote.

La loi No96-06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972 de la République du Cameroun dispose dans son préambule que ‘‘la liberté de communication ,la liberté d’expression,la liberté de presse,la liberté de réunion,( …) sont garantis dans les conditions fixées par la loi ». Mais, il existe un fossé entre les lois en vigueur et leur application par les autorités publiques.

Le Président  Thomas Jefferson,le père de l’indépendance des Etats-Unis, déclarait un jour à propos de l’importance des journaux dans un Pays :<< Si je devais choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement,je retiendrais sans hésiter la seconde solution.>> Mais encore,la déclaration des droits de Virginie,en date du 12 juin 1776 en son Art 12 précise à propos de la liberté de presse : »la liberté de presse est l’un des plus puissants bastions de la liberté(…) ». D’où notre appel pressant au régime du Président Paul Biya  de promouvoir la liberté de presse au Cameroun afin que les journalistes exercent beaucoup plus librement que par le passé, leur métier et participent à la cohésion nationale, l’instauration de l’idéal démocratique et par conséquent, le développement durable de ce pays.  

             Ferdinand Mayega

Vice-président de l’Association des 

 jeunes journalistes du Cameroun (AJJC)

                

                   Voir également

Afrique Centrale. Des médias pour la démocratie, Institut Panos, Edition Karthala.

Cameroun

La fin du Maquis? Presse, livre et << ouverture démocratique>>,  Bassek Ba Kobhio  

L’Harmattan.

A.B.C. de la presse écrite, Kristin Helmore, Nouveaux Horizons

Le Messager, édition spéciale ! 1979-1999 Les années Messager. Parution du 24 novembre 1999.

<<Contrôle de la parole et conservation du pouvoir. Analyse de la répression de la presse écrite au Cameroun et au Gabon depuis 1990. >>

Sujet de thèse de doctorat en sciences politiques  soutenu au Centre d’études africaine de l’université de Paris I,Panthéon Sorbonne, 17 mars 2004 par le journaliste camerounais exilé en France Thomas Hirenée Atenga .

 Médias et pouvoir politique au Cameroun. Les journalistes face à la santé présidentielle. Norbert N. Ouendji, Éditions Les Belles Pages, Marseille

 

 

 

 

 

 

  

 

MONDIALISATION:PIÈGE OU OPPORTUNITÉ POUR L’AFRIQUE

       MONDIALISATION : PIÈGE OU OPPORTUNITÉ POUR L’AFRIQUE?

Le continent africain fait face depuis l’avènement de la mondialisation de l’économie, intervenue avec l’accord de Marrakech de 1995, suite aux conclusions de l’Uruguay Round en avril 1994, après 8 ans de négociations acharnées à un nouveau mode de pensée libérale, considéré par les uns comme un piège et les autres comme une opportunité de développement.

L’Afrique est le continent le plus arriéré de la planète dont 40% des citoyens vivent pratiquement avec à peine un dollar par jour. À cela, il faut noter que cette partie du monde n’ayant presque pas de tissu industriel viable pour exporter des produits finis  de qualité à un coût relativement concurrentiel, représente à peine 1% du Pib , moins de 2% des échanges commerciaux et 0,5% de la valeur ajoutée  industrielle du monde. Son poids si négligeable sur la balance de l’économie globalisée du 21ème siècle est comparable à celui d’un petit pays comme la Belgique et dans une moindre mesure, la province du Québec avec une population de 7,5 millions d’habitants. Pourtant, ce continent aux ressources naturelles inestimables, véritable scandale géologique,  au sol riche pour l’agriculture avec trois fois la superficie du continent européen pour une population avoisinant 800 millions d’habitants se trouve au carrefour de son destin. En effet, entrée dans la contrainte sans avoir les armes nécessaires pour se défendre et  profiter de l’opportunité de la libéralisation outrancière des barrières commerciales, l’Afrique subit plutôt le revers de la médaille de l’économie mondialisée. Dès lors, la mondialisation de l’économie pour cette  Afrique désarticulée s’apparente à la théorie  économique structuraliste de la dépendance à travers laquelle, les économistes comme Raul Prebish, Celso Furtado,  et bien d’autres ont montré que le centre développé exploite la périphérie sous développée notamment l’Afrique à l’intérieur du système capitaliste mondial plus précisément par l’échange international. Mais encore, cette globalisation est semblable a une vague déferlante, un train en vitesse sans frein,  pour reprendre l’expression de l’économiste Américain Milton Friedman. D’où la difficulté  pour les États du continent noir de s’arrimer facilement à cette nouvelle donne de l’économie qui leur  a été imposé sans tenir  compte de leur point de vue comme c’est généralement le cas en pareille situation. Les conséquences néfastes de ce nouveau mode des échanges   sont majeures dans plusieurs secteurs de leur économie.

Tenez, dans un secteur comme le textile, les petites unités industrielles sur le continent africain traversent une période extrêmement difficile à cause de la concurrence rude des produits occidentaux et asiatiques. Parmi ces produits, nous pouvons citer   la friperie, le textile   du Bangladesh et de Chine fabriqué notamment grâce au coton de l’Ouzbékistan où les autorités politiques au pouvoir obligent de petits enfants à récolter l’or blanc  par la fermeture des écoles en violation des droits de l’enfant .Voilà l’une des  raisons du ralentissement de l’activité dans ce secteur dans plusieurs sociétés  sur le continent à  l’exemple  de la cotonnière industrielle du Cameroun ou Cicam. Pourtant, ce secteur a représenté à une certaine époque, un moyen  important  de lutte contre le chômage et la pauvreté sur le continent africain. Alors que cette partie du monde doit impérativement s’efforcer de sortir du labyrinthe de la néguentropie, pour emprunter les marches du développement par la bonne gouvernance exigée par les institutions de Bretton woods et d’autres bailleurs de fonds, le continent noir  est envahi par le textile de l’extérieur et souvent de qualité douteuse. Pourtant, ce secteur progresse et représentait en 2002 par exemple, 6% du total des exportations mondiales.  Les flux commerciaux  pour la même année  avaient atteint l’équivalent de 350 milliards d’Euros et le secteur textile employait plus de 2,5 millions de personnes.

La mondialisation de l’économie ne favorise pas l’émergence actuelle de l’Afrique. Compte tenu de son retard industriel, elle  constitue plus un piège qu’une opportunité de développement. Si  la libéralisation des barrières commerciales est manichéenne pour l’Afrique,elle demeure davantage jusqu’ici,  une source de crise et de fragilité de la démocratie africaine, d’après Ralf Darhrendorf, l’ancien  directeur de la London school  of economics .Dès lors,la mondialisation de l’économie accentue le déséquilibre nord – sud aussi bien sur le plan politique,économique  que socioculturel. Bien que certains  régimes gérontocratiques et peu démocratiques  au Zimbabwe, Kenya, Cameroun,Gabon et j’en passe y sont pour beaucoup aujourd’hui dans la déliquescence de ces  États.

 Le Pr.  Hans W.Singer, l’un des meilleurs spécialistes de l’économie du développement à propos du déséquilibre qui s’accélère  entre le nord et le sud disait :<< Nous ne pouvons pas indéfiniment prêcher la parole du bon ordre  démocratique au pays du sud sans établir un bon ordre démocratique dans l’économie mondiale. >>

 Nous espérons que les maîtres à pensée de la politique libérale mesurent  à quel point la  mondialisation telle quelle est arrivée pour l’Afrique, aggrave davantage les inégalités à divers niveaux, accentue les écarts de revenu liés à l’accès aux marchés, aux avoirs productifs et à l’éducation de jeunes africains, et par conséquent freine les efforts de réduction de la pauvreté et de développement durable du continent noir.   

                 Ferdinand Mayega

    Journaliste Chercheur indépendant

                                                                      

BARACK OBAMA EN ROUTE POUR LA MAISON BLANCHE

           BARACK OBAMA EN ROUTE POUR LA MAISON BLANCHE

   Voici pourquoi la paix durable  est possible s’il est élu Président?

Le citoyen du monde Barack Obama à travers lequel noir, blanc, juif, arabe, asiatique, latino et cherokee… se reconnaissent  dans ce village planétaire,  est à deux pas de la Maison Blanche, et constitue l’unique espoir pour bâtir une paix durable dans le monde.

Le jeune sénateur Barack Obama, est une perle rare et un homme politique hors du commun .En effet,  l’histoire de l’humanité indique certainement qu’il faut souvent plusieurs décennies pour voir apparaître une personnalité de cette dimension. Ce météore  par son ascension fulgurante sur la scène politique américaine  voire son apparition  comme un sauveur  sorti de nulle part, au moment ou on n’attendait si peu  dans une Amérique meurtrie par les mauvais souvenirs du 11septembre 2001,les ravages du cyclone Katrina  ,le dualisme social,la fracture raciale profonde  et 8 années de politique belliqueuse  de l’administration Bush est la preuve qu’au Etats-Unis , pays trop religieux,on a toujours  eu raison d’affirmer :<< In God ,We Trust. >>

Pour mesurer le vent nouveau que l’homme du slogan<< Change, We Can believe in >> va apporter dans la société américaine de ce début du 21ème siècle, il est juste et important d’insister aussi sur la signification de son nom, surtout dans cette Amérique où l’investiture au capitanat du monde à partir du bureau ovale de la Maison Blanche  est sujette à toutes les interrogations. Le nom << Barack >> signifie << Béni >> en hébreu, en arabe et swahili, la plus importante  langue parlée en Afrique  noire. Ensuite, <<Obama>>, qui est aussi un nom d’un grand prestige et de respect  dans  la tribu béti au Cameroun signifie aussi en swahili<< Lance enflammée >> et en japonais <<petite plage>>.

 Le monde entier traverse une période marquée par des conflits qui durent depuis des années  et continuent de faire de nombreuses victimes innocentes. Face à l’ampleur de la tâche qui attend le nouveau maître et gendarme du monde, 44ème Président des Etats-Unis, il faut absolument  faire l’unanimité parmi les belligérants. Ensuite, il faut  être élu de la volonté populaire du peuple américain et du monde, recevoir l’onction et la bénédiction  de tous. C’est exactement   ce que représente aujourd’hui, le candidat issu du métissage culturel Barack Obama. Grâce à la bénédiction dont-il porte, l’aura qu’il dégage dans   ses discours rassembleurs, il peut facilement aider à résoudre  le conflit israélo-palestinien au moyen  de la diplomatie du soft power du politologue démocrate américain Joseph Nye. Il peut aussi  réconcilier tous les américains  malgré les blessures de l’histoire de cette société où à une certaine époque lointaine, il y avait d’un côté, les maîtres et de l’autre côté, les esclaves ou les sous hommes dont l’évolution, disait-on, se serait arrêtée à mi chemin entre l’humanité véritable incarnée par l’homme blanc et le singe supérieur. Mais aussi, s’il arrivait  au pouvoir aux Etats-Unis, l’unique superpuissance mondiale, Barack Obama   va   aider à coup sûr  à lancer un vibrant message d’espoir aux africains dont le souvenir de la traite négrière, l’esclavage et  la colonisation demeurent présent dans les esprits. Nous n’oublions pas le visage peu honorable du continent noir marqué par la pauvreté, les guerres civiles, les calamités naturelles  et  le désespoir. Mais encore, sa prise de fonction  va permettre aussi la réconciliation sincère entre africains et africains américains. Parce que ces derniers, estiment que les premiers portent le poids de leur histoire tragique et leur acculturation dans la société américaine. Au sein de la société américaine, il existe un clivage profond et une méfiance envers les africains par la communauté africaine américaine. L’élection  de  Barack Obama à la  tête de l’État peut  apporter une thérapeutique appropriée, pour ressouder tous les morceaux et recoller  les lambeaux    de cette haine viscérale entre un même peuple, séparé par l’histoire qui continue de s’observer avec suspicion.

                                       La réconciliation triangulaire historique.

Le sénateur Barack Obama né   d’un père africain du Kenya, et d’une mère blanche du Kansas,descendant de Jefferson Davis, Président des États confédérés d’Amérique pendant la guerre de sécession permet par ce métissage  d’unir les africains aux occidentaux d’une manière générale . Ensuite,  le mariage en 1992 entre Barack Obama et la brillante avocate africaine américaine Michelle Robinson, avec la naissance de deux filles de cette union  d’une même race  divisée et éloignée par l’histoire  de la traite négrière, permettra aussi d’arrêter certainement la hache de guerre, la méfiance et le soupçon entre africains et africains américains aux Etats-Unis, et d’un bout à l’autre de l’océan. Enfin, l’élection d’Obama au pouvoir aura aussi pour avantage de cicatriser les blessures de la haine viscérale entre africains américains et la communauté blanche au Etats-Unis. C’est, cette triple réconciliation    après le poids trop lourd et sombre de l’histoire  après l’esclavage et  la ségrégation raciale sous la figure géométrique d’un triangle que j’ai appelé   la réconciliation   triangulaire historique.

                            L’effet Obama dans la  pacification  du monde   

La paix est enjeu majeur du 21ème siècle entre les différents peuples de cultures diverses   aussi bien aux Etats-Unis, pays d’émigration qu’à travers toute la planète. En effet, le conflit de civilisation dont parle le politologue américain Samuel Huntington entre le monde arabe et le monde occidental est à l’origine de la fragilité de la paix dans notre société. Le conflit israélo-palestinien voire entre Israel et le monde arabe est en réalité aussi, un conflit culturel car la religion est un aspect non négligeable de la culture d’un  peuple. Pour cette raison,   si Barack Obama accède à la Présidence des Etats-Unis, par sa citoyenneté transnationale et ses origines noires, il est capable  d’impulser une dynamique de paix et de réconciliation dans son pays et partout dans le monde. En effet, issu d’une minorité visible   et pour la première fois de l’histoire, minorité se voyant réellement valorisée à travers  la présence  de Barack Obama au centre de toutes les décisions ayant une influence immédiate aux Etats-Unis et à travers le village global, ce dernier  aura  plus  de marge de manœuvre pour  faciliter le rapprochement entre les différentes communautés et de cicatriser des plaies encore bien ouvertes et vives. Et comme pour une première fois dans l’histoire des États-Unis, un Président aura des  origines africaines ,ce peuple qui se positionne encore aujourd’hui  comme victime de l’histoire,  oppressé et non oppresseur,   Obama  pourra jouer un rôle important dans la stabilité du monde et la cohésion nationale à l’intérieur des Etats-Unis. Et ce n’est pas tout, cette cohésion va s’étendre à la communauté asiatique en générale  notamment  arabo-musulman parce que son enfance passée en Indonésie, pays d’Asie multiethnique et multiconfessionnel par ailleurs le plus grand pays musulman du monde,  peut aider à mettre fin à l’américanophobie aux yeux de l’aile radicale de l’islam. C’est ce boulevard unique pour redorer l’image des Etats-Unis dans le monde  arabo-musulman et africain,  rétablir la paix  et bâtir une vraie nation au pays de l’Oncle Sam, qui s’offre pour la première fois de l’histoire  pour un serieux futur locataire de la Maison Blanche. C’est ce que j’appelle l’effet Obama dans  la pacification du monde.

Il faut noter que les élections primaires dans le camp démocrate ont été bien âpre, puisque  le combat herculéen  s’est  poursuivi pendant de longs mois  entre Hillary Clinton qui vient juste  de jeter l’éponge et Barack Obama. Il ne serait pas exagéré compte tenu des suffrages des deux candidats d’affirmer que jeu électoral a été marqué presque par la théorie des jeux à somme nulle. C’est à dire qu’il n y a pas eu un confortable gagnant entre Hillary et Barack. C’est-à-dire,  entre  le sexe, dit-on,  faible, marginalisé, victime et oppressé aussi bien aux Etats-Unis, en Afrique et dans le reste du monde par les hommes qui, occupent toutes les fonctions importantes  et un  métisse culturel dont la pigmentation de la peau indique clairement qu’il a des origines noires. Cependant,le candidat du consensus mondial qui semble jusqu’ici avoir les chances de se faire élire sur une élection ouverte demain où tous les citoyens de la planète  voteraient est certainement Barack Obama. C’est ce que pensent  de nombreux observateurs notamment des  politologues  comme Louis Balthazar et  Donald Cuccioletta , spécialistes de la politique américaine à la chaire Raoul Dandurand de l’université du Québec à Montréal. Malgré tout, nous étions  convaincus que le duo  d’une femme et d’un africain américain pouvait  marquer considérablement le début de ce siècle en occupant l’un comme l’autre ou  inversement la présidence ou la vice-présidence des Etats-Unis. Le sénateur Barack Obama sera officiellement élu candidat démocrate lors de la convention du parti de l’âne  qui aura lieu du 25 au 28 août  prochain à Denver au Colorado.

Nous savons que le système politique américain aussi bien  au sein du parti démocrate que celui républicain par son mode de scrutin, est très complexe, ardu et difficile. Les relations, les lobbies et la machinerie d’influence peuvent   déjouer à la dernière minute, tous les pronostics. Malgré tout, le peuple américain en novembre doit regarder l’espoir de Barack Obama, ce jeune homme rafraîchissant,avec un beau sourire,à l’écoute des aspirations du moment de la société  américaine et du monde. Parce qu’il amène un grand optimisme, un bol d’air, un vent nouveau après les tristes souvenirs de la politique néo conservatrice de George  Walker Bush.

Il faut rappeler  que le candidat à la couleur mi-ébène  a aussi gagné  dans des États  jugés clés ainsi que des États   pauvres comme  le  Mississipi , cet État du sud,l’un des plus pauvres de la fédération américaine avec la Louisiane, qui   compte une  importante communauté noire marquée par le  mauvais souvenir du cyclone Katrina. Cyclone  ayant  fait des ravages et prouvé qu’il existe dans ce mauvais paradis terrestre qu’est les États-Unis, le tiers monde.

Le retrait de l’Irak comme l’envisage Barack Obama en 2009 peut aider à réduire ces inégalités criardes. Parce que, en 5 ans de  guerre en Irak, le trésor américain a dépensé environ   500 milliards de dollars et la facture grimpe chaque jour  de plusieurs  millions de dollars. Une manne financière qui peut aider à reformer le système de santé, à construire des écoles et à lutter contre le chômage et la pauvreté.

Le jeune sénateur de Chicago, l’unique espoir aux dires de nombreux intellectuels de la diaspora africaine aux Etats-Unis et en Europe,  pour  un Plan Marshall en Afrique pour son développement, est  né  le 04 août 1961 à Honolulu dans l’État  de Hawaï. Juriste de formation, l’homme du changement de la politique américaine, est  titulaire d’un doctorat en droit de Harvard mais aussi diplômé en sciences politiques et relations internationales de l’université Columbia de New York.

Le candidat démocrate Barack Obama, sera certainement  le premier Président noir des Etats-Unis, d’après certains analystes de la politique et l’histoire américaines tels l’historien François Durpaire, spécialiste de l’histoire nord américaine à l’université de Paris I, Panthéon Sorbonne, et le Pr. Pap Ndiaye du Centre d’Études nord-américaines de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris. En effet, l’<<homme du changement  à la couleur mi-ébène>> comme j’aime le faire remarquer, a le potentiel nécessaire,  les atouts et les capacités pour devenir aussi commandant en chef  ou capitaine du bateau américain, et par extension du monde. Pour cela, Il suffit de lui faire confiance et de s’y associer pour un meilleur changement dans les prochaines années de la politique américaine. 

             Ferdinand Mayega au Québec

       Journaliste chercheur indépendant

                                              

                                                       

                                                                             

LE PIÈGE RÉPRESSIF DU  JOURNALISME AU  CAMEROUN  

 UN JOURNALISTE  DE CE PAYS RACONTE SON  CALVAIRE

Je suis bien Amakembeé Ekouli Emmanuel Savio, Journaliste et rédacteur en chef de

l’hebdomadaire camerounais LE COMBATTANT. Ma carrière proprement dite débute en 2001 après l’obtention de mon diplôme de journalisme trois ans plutôt et plusieurs stages dans les différents médias de la place. 

 Quelques faits saillants de ma carrière de journaliste.

En 2003 alors que je travaille pour le journal ECO-SAUVETTE, je mène une enquête sur le Pari Mutuel Urbain Camerounais (Pmuc) qui est la filiale camerounaise du PMU Français. Après près de deux mois d’enquête, les premiers articles sont publiés. Dans ces premiers articles je donne par exemple le montant annuel des mises des parieurs camerounais qui s’élèvent à plus de 30 milliards de francs Cfa pour seulement moins de 800 millions de gains. Scandale pour un pays, un pays pauvre très endetté surtout au regard de la contrepartie que devrait apporter la filiale de la grande entreprise française. D’autres papiers viendront mettre à nu toutes les combines des autorités camerounaises, principalement le ministre de l’Economie et des Finances qui reçoit de cette entreprise d’importants traitements de faveur. La riposte de la partie adverse ne se fera pas attendre. Après plusieurs séquestrations et agressions confirmées par les multiples coups de fil anonymes que j’ai reçus à cette époque (une centaine en l’espace d’un mois), un soir alors que je rentrais chez moi j’ai été sérieusement bastonné par des individus qui ne cessaient de me répéter que cette fois ils espèrent que je fermerais définitivement ma bouche. Je n’aurais la vie sauve que grâce aux auspices des bons samaritains qui me récupéreront après que mes bourreaux m’aient abandonné au bord d’un caniveau.

Autre fait alors que je travaille pour le journal LE COMBATTANT, après la sortie d’un dossier que j’ai personnellement dirigé sur les exactions et les atrocités que fait subir la police aux citoyens, je suis une fois de plus pris à partie par les éléments de la direction générale des renseignements (Dgre). Après plusieurs coups de fil anonymes, je suis carrément arrêté un après-midi alors que je me trouvais à Yaoundé la capitale du pays pour une mission. Je ne serai libéré qu’au bout de 24 h de détention dans un lieu que j’ignore jusqu’aujourd’hui non sans m’avoir torturé et obligé à signer que dorénavant je renoncerai à ce genre d’enquête.

Le 15 avril 2008, alors que vient juste d’être publiée (la veille) sur le site http://www.protj.ca/ une interview que j’avais accordée quelques jours plutôt à un confrère basé au Canada, à 20h10′ exactement, je suis enlevé à la manière d’un scénario digne de grands films policiers. En effet, je suis invité ce jour là à une émission d’une radio de la place dénommée « La planète de Kofi  Martial », émission très populaire qui passait sur Dynamique Fm puisqu’elle a été purement et simplement interdite. Je suis enlevé au lieu dit école publique Deido et recouvert après m’avoir introduit de force dans un véhicule d’un sac, question de ne pas voir le chemin et dépouiller de mon sac et de mes deux téléphones portables. Après m’avoir conduit dans un lieu que je ne situe toujours pas jusqu’aujourd’hui dans notre ville, les quatre personnes chargées de me conduire jusque là me confieront à six autres personnes qui visiblement m’attendaient dans une salle de moins de 8 mètres carrés. Je serai entendu sur procès verbal pendant plus de 2h30 dans un cadre infernal, difficile à supporter. Ces six personnes armées jusqu’aux dents, tenant par exemple des armes de guerre de grands calibres telles que des kalachnikov et  des rafales et les manipulant comme s’ils s’apprêtaient à tout moment à dégainer une balle sur moi. J’apprendrai lors de cet interrogatoire musclé qu’ils me reprochaient entre autre mon ton estimé très dur vis-à-vis du régime du président Biya, ma prise de position et mon soutien à l’endroit de certains confrères récemment arrêtés dans le pays. Ils diront par exemple que je devrais me contenter de ma place et que je ne devais pas foutre mon nez dans les affaires des autres. Ils me déposeront à 23h sous une pluie torrentielle devant le tribunal militaire ayant pris le soin comme lors de mon enlèvement de me recouvrir d’un sac. Question de ne pas décrypter le lieu de mon interrogatoire. Avant de partir ils auront ces mots : « Sache que tu n’es pas bien loin, si tu ne fermes pas ta bouche, on pourra te reprendre à tout moment dès qu’on voudra ». J’aurai par la suite très peur de relater tout ceci à des confrères venus s’enquérir de la situation. Puisque la suite n’est qu’un balaie de coups de fil anonymes qui vont jusqu’à menacer ma vie. La preuve a été donnée le lundi 21 avril après une émission organisée sur la question de mon interpellation sur Africa N°1, émission qui avait pour invité Monsieur Ferdinand Mayega, le confrère à qui j’avais accordé cette interview. J’ai reçu pour cette seule journée pas moins d’une vingtaine de coups de fil anonymes. Depuis lors je ne cesse de recevoir des menaces et coups de fils anonymes. J’évite de me retrouver seul dans la rue, j’évite les taxis  à bord desquels se trouvent déjà d’autres personnes. Je ne sors presque plus la nuit. Bref j’ai du mal à continuer à faire mon boulot de journaliste en toute sérénité.

J’ai été élu en août 2007, président de l’association des Jeunes Journalistes du Cameroun. Fonction qui n’est pas pour améliorer mes rapports avec les pouvoirs publics puisse que je me doive d’être toujours au devant de la scène pour défendre mes confrères. Je suis dans l’œil du cyclone des autorités et des services de renseignements. Je suis invité en France au 3è Forum Mondial des Droits de l’Homme. Je crains aujourd’hui de ne pas  pouvoir m’y rendre. Mon passeport pourrait m’être retiré surtout si les autorités camerounaises estimaient que c’est une autre tribune que je pourrai saisir pour dire aux yeux du monde toutes les exactions commises au Cameroun dans le cadre des entraves à la liberté de presse qui reste nous ne cesserons jamais de le dire l’un des Droits fondamentaux de l’Homme. 

VENDRE LES POTENTIALITÉS DU PAYS AUX QUÉBÉCOIS

 LE CAMEROUN A L’HONNEUR AU CÉGEP DE TROIS-RIVIÈRES

           VENDRE LES POTENTIALITÉS DU PAYS AUX QUÉBECOIS

 

La salle de concert Desjardins du Cégep de Trois-rivières a  abritée le 30 avril dernier, un cocktail organisé par la Fondation du collège d’enseignement général et professionnel  de Trois-Rivières. Cet évènement était placé sous le thème du Cameroun.

Au cours de cette soirée riche en enseignement  ayant  rassemblée plus de 80 invités, il a été essentiellement question de mieux découvrir l’histoire et la géographie ainsi que les potentialités en terme de ressources naturelles et humaines du Cameroun. Mais aussi, de  promouvoir la coopération et l’investissement entre le Canada et le Cameroun.

Après la présentation de l’évènement à l’honneur du Cameroun par Geneviève Bouffard, responsable des services des communications, nous avons eu droit  aux allocutions du DG du Cégep, M. Christian Muckle et du PCA de la Fondation du Cégep, Me Jean Éric Guindon. Le tour était venu à M. Ferdinand Mayega, journaliste originaire du Cameroun de prendre la parole, pour présenter aux   invités attentifs, tous les aspects de ce pays d’Afrique centrale bilingue au même titre que le Canada. Soucieux d’en savoir davantage sur le Cameroun, les uns et les autres n’ont pas manqué de poser des questions ou d’en savoir davantage au-delà des aspects abordés au cours de la présentation. C’est ainsi que la stabilité sociale  et le paysage politique de la démocratie camerounais ont été aussi au centre d’intérêt. Car si la première condition de l’investissement et d’une coopération durable est la stabilité d’un pays, celle-ci passe nécessairement par l’instauration et la consolidation de la démocratie. Après la présentation du Cameroun, le tour était venu à M. Mathieu Morasse, technicien en audiovisuel et vidéaste de présenter un petit extrait vidéo des images sur le Cameroun. Ces images  ont été tournées en février dernier au pays  par ce dernier, lors du stage d’un mois d’une douzaine d’étudiantes en soins infirmiers de ce Cégep dans la région de Fénakeukeu et Basingla du côté de Dschang.

Dans l’ensemble, la douzaine d’étudiantes et les deux enseignantes qui encadraient toute la délégation ont apprécié à leur juste valeur, leur séjour au Cameroun. Cependant, Il faut noter que la délégation a séjournée au pays  à la période au cours de laquelle, le climat social était visiblement tendu avec les émeutes qui ont endeuillées de nombreux citoyens.

Après la projection des images sur leur séjour au Cameroun, il a été question de faire découvrir l’art culinaire de ce pays, avec certains mets typiquement faits par quelques étudiantes camerounaises de l’université du Québec à Trois Rivières, qui pour l’occasion se sont chargées  de présenter aux curieux, les délices de ce qu’ils mangeaient.

Cette soirée à l’honneur du Cameroun qui a durée plus de deux heures,  s’est  achevée autour de ces commodités de la conversation dans une ambiance   restée inoubliable.

                                                                         Ferdinand Mayega à Trois-Rivières   

 

DMITRI MEDVEDEV ÉLU SANS SURPRISE A PRIS SES FONCTIONS

                         ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN RUSSIE

   DMITRI MEDVEDEV  ÉLU SANS SURPRISE A PRIS SES FONCTIONS

Le Président du conseil d’administration  du géant gazier russe Gazprom,Dmitri Anatolievitch Medvedev,   candidat désigné le 10 décembre 2007 par son ami et Président Vladimir Poutine à l’élection présidentielle du 2 mars dernier a été élu nouveau chef d’État avec  70,23% des voix.

Le nouveau Président Dmitri Medvedev  A  pris officiellement ses fonctions, le 7 mai dernier  et  poursuivra à coup sûr la politique de son mentor Vladimir Poutine. Ce dernier étant devenu  le Premier ministre pour poursuivre sa politique économique et ses ambitions géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques  pour refaire de la Russie, une grande puissance.

Considéré comme  l’un des chefs de file de l’aile libérale du Kremlin, Dmitri Medvedev,brillant universitaire et juriste, n’appartient  pas à la nomenklatura des << Siloviki >> constituée des anciens agents du  KGB comme Poutine, des hommes de l’armée,la police et les services de sécurité. Son absence de ce sérail même s’il fait partie du cercle de la nouvelle oligarchie d’État peut constitué  un espoir pour la  communauté internationale. Mais, Medvedev aura-t-il une marge de manœuvre et le recul nécessaire pour se libérer du joug de son prédécesseur et de tout l’appareil d’État pour mener à bien des reformes structurelles et démocratiques dans son pays?

L’Homme est divers et ondoyant, disait Montaigne, car nous savons la ligne de démarcation prise par Poutine de son protecteur Boris Eltsine après son élection en 2000 comme Président de la Russie.  Est-ce que le même scénario est   envisageable avec Dmitri Medvedev après sa prise de fonction officielle en mai prochain comme locataire du Kremlin? Tout  porte à croire qu’il sera difficile pour  l’ami de longue date de Vladimir Poutine  de décevoir ce dernier car son ascension rapide dans les hautes sphères de l’État a été possible grâce à Poutine lorsqu’en 2000, il a été nommé PCA du géant gazier Gazprom, et en 2003, chef de l’administration du Kremlin, poste qui le destinait déjà comme le dauphin  du Président. La rencontre entre  Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine  remonte à 1990 lorsqu’il était conseillé du président du conseil municipal de Leningrad Anatoli Sobtchak. Ensuite, il faut ajouter que l’un comme l’autre est diplômé de l’université de Saint Petersbourg .

Dmitri Medvedev à l’avantage d’hériter contrairement à Poutine d’un pays dont l’économie se porte bien avec la flambée des prix du gaz, de l’or noir et la vente record du matériel de guerre russe. La Russie a renouée avec la croissance économique après le chaos de l’étrange agonie de l’empire soviétique et de la présidence de Boris Eltsine. La Russie, le plus grand pays de la planète avec ses 17 millions km2 pour environ 143millions d’habitants, ce géant aux paradoxes  pour reprendre l’expression du Pr. Jean Radvanyi, spécialiste de la civilisation russe, revient aujourd’hui en force au devant de la scène mondiale. Pour cela, les russes, nostalgiques de la grande Russie avant l’effondrement de l’Union soviétique  après la chute du mur de Berlin, rêve d’une nouvelle grande superpuissance  pour jouer le contre poids de l’influence américaine dans le monde. Si Poutine a représenté durant son règne, cette volonté de restaurer le prestige de la Russie par tous les  moyens grâce à ce qu’il a appelé << la verticale du pouvoir>>, alors son prédécesseur Dmitri Medvedev va poursuivre certainement cette ligne politique qui semble avoir portée des fruits. Le Président Vladimir Poutine dans son essai intitulé :<< La Russie à l'aube du millénaire >> publié à l’occasion de son élection en 2000 disait à propos de son rêve de cette Russie où il fera bon vivre demain :<< Si la Russie accroît son Pib de 10% par année, pendant les quinze prochaines années, alors nous aurons rejoint le rang de la France ou de l'Angleterre. >>  C’est le sentiment du nouveau Président Medvedev et des russes qui estiment que le prestige international d’un pays comme la Russie aujourd’hui  sur la marche des affaires du monde est proportionnel à son poids économique,  et son influence politique et stratégique.

Le nouveau Président dans son souci du mieux être de la population  va s’atteler à relever  le niveau de vie ou ourovenjizni et à réduire nettement le chômage ou bezrabotitsa comme on dit en russe. Déjà, il faut noter que les résultats de ces dernières années sont encourageants. En effet, le salaire moyen des russes est passé de 179 $ US en 2003 à 550 $ US en 2005 soit une hausse de plus de 200 % en l’espace de deux ans. Raison pour laquelle, le peuple russe en général et surtout la jeunesse poutinienne  en particulier, les << Nachis >>, c’est-à-dire les nôtres, ces jeunes défenseurs de la nouvelle ligne politique en Russie expriment ouvertement leur soutien aux nouveaux dirigeants du pays et désapprouvent l’ingérence extérieure dans les affaires de la Russie surtout en matière  de démocratie. Ces derniers n’ont certainement pas raison mais totalement pas tort. Car la loi de  Maslow  sur la hiérarchisation des besoins chez l’être humain indique clairement que le premier besoin est avant tout physiologique. Et puisque les russes veulent s’assurer d’abord leur pain quotidien, ils pensent  qu’il faut soutenir tout régime soucieux de  relever leur niveau de vie même si la démocratie  russe est expéditive contrairement à celle excessive que nous observons aux États-Unis.

Le Pr. Albert Légault,titulaire de la chaire  de recherche du Canada en relations internationales à l’université du Québec à Montréal, à propos de cette volonté d’imposer par l’occident, la démocratie   partout dans le monde  notamment en Russie affirme : << la démocratie ne s’exporte pas comme les oranges .>> C’est dire que le nouveau Président Dmitri Medvedev  va assurément continuer avec l’appui de son prédécesseur  Poutine au poste de Premier ministre, la gestion du pays avec la même vision,rigueur  et ne va pas reculer devant toute forme de pression pour  faire passer ses idées malgré les pesanteurs  de la communauté internationale et des partis d’opposition au régime  qui veulent l’instauration d’une  démocratie saine et juste, la liberté d’expression et de presse . Ces derniers n’ont qu’à bien se tenir et  à mesurer les risques.

                                                                         Ferdinand Mayega

                                                    Biographie

Le nouveau Président Russe Dmitri Medvedev est né le 14 septembre 1965 à Leningrad. Fils unique, il fait de brillantes études de Droit civil à l’université   de Saint Petersbourg jusqu’en 1987, et trois ans plus tard soit en 1990, il soutient un doctorat d’État en Droit. De 1990 à 1999, il  enseigne le Droit à l’université de Saint Petersbourg. En 1993, il se lance parallèlement dans les affaires comme l’un des fondateurs de l’entreprise Fincell, cette entreprise à son tour va permettre la création  de Illim Pulp Enterprise, un géant forestier et M. Dmitri Medvedev est nommé directeur des affaires juridiques. Entre temps, en 1995, il est le conseillé du maire de Leningrad Anatoli Sobtchak.

 L’année 2000 est celle au cours de laquelle, il est nommé au conseil de direction du géant gazier du Groupe Gazprom par le Président Vladimir Poutine. Trois plus tard soit en octobre 2003, il est appelé à occuper aussi le poste de chef de l’administration du Kremlin.

Le nouveau maître du Kremlin est un passionné de la photo et du Rock’n roll    notamment du groupe << Black Ozzy Osbourne>>. Dmitri Medvedev est un bon sportif car il pratique l’haltérophilie.

Il s’est marié en 1989 à sa camarade d’école Svetlana Linnik qui est diplômée en finance et économie. Ce dernier  est père d’un fils nommé Ilia et  âgé de 12ans.

LE GABONAIS JEAN PING À TÊTE DE L’UNION AFRICAINE

                         COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

           LE GABONAIS JEAN PING À LA TÊTE DE L’ORGANISATION

La Commission de l’Union africaine, née sous les cendres de l’OUA fondée en 1963 à Adis Abéba, la capitale  éthiopienne  a élu à sa tête, le 1er février dernier, un nouveau Président en la personne du gabonais Jean Ping alors ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie. Il remplace à ce poste, l’ancien Président malien Alpha Oumar Konaré qui aura passé 5 ans à tête de cette organisation panafricaine.

Le chef de la diplomatie gabonaise Jean Ping, le  << Mao>> du Gabon comme l’appelle affectueusement le Président de ce petit pays d’Afrique centrale Omar Bongo Ondimba, parce que né d’un père de l’Empire du milieu, premier chinois débarqué sur le sol gabonais dans les années 1930 comme  marchand ambulant et d’une mère gabonaise, a été élu avec 31 voix sur les 46 votants. Le nouveau Président de l’UA disputait ce siège tant convoité avec deux autres candidats .Il s’ agit du sierra léonais Abdulai Osman, juge en chef de Belize, en Amérique du sud et de la zambienne Inonge  Mbikusita Lewanika, ambassadrice de son pays aux Etats-Unis.

Jean Ping hérite d’une structure dont-on affirme que la bureaucratie est trop lourde, les moyens financiers insuffisants et le pouvoir d’agir limité à cause de multiples pesanteurs notamment l’influence des chefs d’État sur cette structure comparativement à l’Union européenne par exemple dont la mission est presque identique de l’autre côté de la méditerranée.

Lorsqu’on se rend compte que son prédécesseur, l’ancien chef d’État du Mali Alpha Oumar Konaré, démocrate jusqu’au bout des ongles, jouissant d’un prestige intercontinental et d’une liberté de ton, s’est battu à la transpiration de ses efforts pour résoudre les multiples conflits et foyers de tension sur le continent africain ainsi que promouvoir une nouvelle Afrique positive sans atteindre pleinement ses objectifs ; il y a lieu de s’interroger sur la marge de manœuvre de son successeur Jean Ping  dont la mission semble être encore plus difficile. En effet, si le Président de la Commission de l’Union africaine a été élu avec une confortable avance sur ses concurrents, cependant la mise à l’écart pour des raisons évidentes de délais de dépôt de la candidature du ministre  Ali Triki,  le monsieur Afrique de la Libye de Mouammar Kadhafi  ainsi que le malaise perceptible de Thabo Mbeki, le Président d’Afrique du sud, deux pays dont le poids financier, politique et économique sont reconnus ne favorisent pas Jean Ping. Et pour cause, l’organisation panafricaine a besoin d’argent, de beaucoup d’argent frais et de l’appui de tous  pour attaquer les divers problèmes qui minent l’Afrique.

Nous devons tout de même reconnaître que le nouveau patron de la plus grande instance sur le continent noir est un diplomate chevronné et un homme de grand talent. Ses multiples implications et succès de médiation dans la résolution de divers différends en Afrique et l’expérience internationale notamment comme Président de l’OPEP en 2004,59ème Président de l’Assemblée générale des Nations unies entre 2004 et 2005 et comme fonctionnaire à l’Unesco sont autant d’atouts pour réussir. Monsieur Jean Ping, le candidat  du Gabon et de presque toute l’Afrique est un  homme de conviction, avec de grandes qualités humaines. Au cours d’un entretien dans le Talk de Paris sur la chaîne de télévision France 24,  le 22 février dernier avec le journaliste français Ulysse Gosset, il disait reconnaître avec humilité que la tâche ne sera pas facile et de tout repos. Cependant, il affichait sa  détermination à se pencher sur les maux qui minent l’Afrique  et empêchent son take off ou son décollage économique, sa stabilité politique et son progrès social. Aussi, il invitait chaque dirigeant africain  à lui apporter son soutien pour réussir ensemble l’œuvre de modernisation, démocratisation et pacification du continent à la peau d’ébène. Le credo de Jean Ping`, c’est«  Entendons- nous entre africains« .D’après le Président de la Commission de l’Union africaine, la stabilité et le progrès de l’Afrique passent résolument  par la nécessité pour les africains de bâtir une culture de la paix et la promotion du dialogue. Il prône la cohésion nationale entre les différentes composantes sociologiques d’un pays et la coopération  régionale et sous régionale entre les États.

Le diplomate et l’homme politique gabonais Jean Ping aimerait encourager  aussi le rapprochement avec le monde arabe et asiatique en dehors des partenaires traditionnels de l’Afrique à savoir les pays européens  et du continent américain. Parce qu’il   pense que la diversification de la coopération de l’Afrique avec les autres parties du monde est source de richesse et peut favoriser l’émergence de l’Afrique. Au moment ou la Chine,la future superpuissance du 21ème siècle devient un partenaire de choix et un gros investisseur sur le continent,  l’arrivée à la tête de la Commission de l’Union africaine de Jean Ping, ce citoyen africain et transnational par  ses origines chinoises,sa maîtrise de la langue chinoise,le mandarin en dehors du français et l’anglais… peut constituer un ciment  pour recevoir encore davantage les capitaux chinois. Il faut noter  qu’après sa nomination, l’agence Chine nouvelle ou Xinhua  a aussi annoncée dans ses colonnes, l’élection de Jean Ping à tête de cette grande organisation sans mentionner au passage que ce dernier peut aussi se réclamer enfant chinois de la diaspora. Même si cette mention n’a pas été faite, à Beijing, c’est certainement aussi une bonne nouvelle pour resserrer les liens de coopération entre la Chine de tous les superlatifs de progrès et l’Afrique. N’oublions pas que si l’Afrique a une population de 750 millions d’habitants pour ses 53 États, à l’horizon 2020, l’Union africaine comptera 1,4 milliard d’habitants soit autant que la Chine d’aujourd’hui et représentera encore un grand marché et par conséquent, elle recevra certainement une masse d’argent en terme d’investissement direct étranger. Il faut, dès à présent aux africains de conjuguer leurs efforts pour bâtir une paix durable afin de devenir plus attractif  pour  recevoir un  afflux massif de capitaux.

Le protégé du Président Omar Bongo, Jean Ping, conscient des perspectives prometteuses qui s’offrent  désormais aux africains dans le futur souhaite marquer d’une pierre blanche, son passage  comme Président de la Commission de l’Union africaine.

Si nous admettons que lors d’une situation d’urgence, la vitesse est uniquement déterminée par la situation de celui à qui l’on porte secours, alors  les décideurs africains doivent reconnaître   à temps les besoins de la société africaine et faire le nécessaire car la vie punit ceux qui arrivent trop tard. Ce moment nous semble arrivé d’après plusieurs indicateurs fiables pour penser que le continent noir doit saisir l’opportunité pour conjuguer au passé, les périodes douloureuses de son sous développement dans l’optique de  sortir définitivement du goulag de la pauvreté et du labyrinthe de la néguentropie.

Il faut noter pour finir que le prochain sommet de l’UA aura lieu en juillet prochain à Charm el- Cheikh en Égypte et que le nouveau Président en exercice de l’Union africaine est le chef d’État tanzanien Jakaya Kikwele Kikwete.                

                                              Ferdinand Mayega

                                     BIOGRAPHIE DE JEAN PING     

Le nouveau Président de l’Union africaine, le diplomate Jean Ping est né le 24 novembre 1942 à Omboué au Gabon.

Il est titulaire d’un doctorat d’État en sciences économiques de l’université de Paris I Panthéon Sorbonne.

Il a été tour à tour, fonctionnaire à l’Unesco dès 1972, Délégué permanent du Gabon entre 1978 et 1984. Il a occupé à son retour au Gabon le poste de directeur de cabinet du Président de la République. Puis, du 26 février 1990 au 29 avril de la même  année,il occupe le porte feuille ministériel de l’Information,des Postes et Télécommunications,du Tourisme et des Loisirs avec le titre de porte parole du gouvernement.

Le 29 avril 1990  à juin 1991, il exerce comme ministre des Mines et de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques. Poste qu’il occupera une seconde fois entre le 28 août 1992 au 24 mars 1994.Puis,il est nommé au ministère des Affaires étrangères et de la coopération où il passera 7 mois et 4jours.Ensuite, du 30 octobre 1994 au 25 janvier 1997,il prend les fonctions de ministre délégué auprès du ministre des Finances, de l’Économie,du Budget et de la Privatisation. Travailleur acharné, M. Jean Ping  est nommé par Omar Bongo au poste de ministre de la Planification, de l’Environnement et du Tourisme. Poste qu’il occupera du 27 janvier 1997 au 25 janvier 1999.Puis,il est propulsé par la suite aux fonctions de ministre d’État,ministre des Affaires étrangères,de la Coopération et de la Francophonie du 25 janvier 1999 au 6 février 2008,date à laquelle il devait quitter son poste pour  sa nouvelle fonction de Président de la Commission de l’Union africaine à Adis Abéba en Éthiopie.

Jean Ping est marié et père de  famille.

 

Sur le plan bibliographique,il a publié en 2002 aux éditions l’Harmattan,un livre qui a pour titre :<< Mondialisation ,Paix,démocratie et développement en Afrique :l’expérience gabonaise >>.Ce livre a été préface par   le ministre français Hubert Védrine.

Sur le plan honorifique, il a été élevé en 2006 au grade de Grand Officier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France au Gabon au nom du         Président Jacques Chirac.    

 

 

 

Interview exclusive d’Alain Anyouzoa

                                     Interview exclusive  d’Alain Anyouzoa

La diaspora africaine peut et veut jouer un rôle majeur dans le développement du continent noir.Elle entend bien participer au débat autour de la problématique du progrès du continent africain. Pour cette raison, dans le cadre de la rubrique Diaspora de votre journal, nous vous donnons la position d’un brillant universitaire camerounais Alain Gaétan Njimoluh Anyouzoa.

Le Dr Alain Anyouzoa est titulaire d’un PhD en informatique de la Vrije Universiteit de Brussel en Belgique, diplôme obtenu en 2004. Spécialiste en Intelligence Artificielle, il est « Principal Scientist », l’équivalent académique de Professeur d’Université  aux Etats-Unis, et travaille pour la compagnie Global Info Tek Incorporated qui fait dans la recherche militaire et les systemes informatique pour le renseignement. Global Info Tek Incorporated est située à Reston en Virginie sur la côte est des Etats-Unis. Le domaine de recherche du Dr. Alain Anyouzoa est à la frontière entre la théorie des jeux, la biologie, l’économetrie, les statistiques…et la mécanique quantique.Courtisé par des multinationales, le 27 mai prochain, il occupera un nouveau poste chez Microsoft Corporation  à Redmond dans l’État de Washington.

Le 16 octobre 2003, il a gagné à Halifax au Canada sur 593 chercheurs venus du monde entier et travaillant pour des universités et compagnies prestigieuses  comme le MIT, IBM, Microsoft, Dassault Aviation, le Best Paper Award de l’IEEE/WIC/IAT pour sa publication scientifique intitulee:<< Dynamic Stochastic Capacity Princing for Resource Allocation>>. Il a également été nominé pour le même titre l’année suivante pour son travail sur la stabilité des systemes dynamiques. Mais n’a pas pu competir à Beijing en 2004 parce qu’il defendait sa thèse de doctorat au même moment.

Agé de 39 ans, marié et père de 3 enfants, l’universitaire donne son point de vue sur la situation peu honorable de l’Afrique et tente de proposer des solutions pour sortir le continent  en général, et le Cameroun en particulier du sous développement. Lisez Plutôt.

LC Quel est d’après vous, les raisons profondes du sous développement de l’Afrique et de son retard dans l’acquisition du know how technologique ou industriel? 

AA Ma réponse sera simple et brève : le manque de volonté politique. Si je peux développer encore plus. Au lendemain des indépendances, les africains qui étaient allés se former en occident revenaient parce qu’ils savaient que l’avenir de leurs jeunes nations reposait entre leurs mains. Presque tous nos pays sont actuellement dirigés par ces derniers. Par la suite, l’élite intellectuelle qui avait suivie cette première génération jusque dans les années 1980, les boursiers africains et autres intellectuels formés en occident revenaient fièrement après leurs études participer à l’effort de développement du continent. La majorité de ces intellectuels qui ont acquis le savoir scientifique et technologique, revenue au bercail, au lieu d’appliquer ce qu’ils ont appris à l’étranger, se sont vus confier des postes de bureaucrates et ont par conséquent abandonné leur mission premiere qui était d’aider l’Afrique à rattrapper son retard technologique. Certains de nos confrères font le choix d’abandonner la recherche pour un poste politique ou admnistratif. Ce qui est comprehensible dans un environnement où les ascenseurs sociaux sont grippés. Salaires miserables, manque de profil de carrière. Ayant des familles à nourrir et certainement des ambitions personnelles, c’est à qui mieux mieux. La consequence immediate est que les moins resistants font tous l’école buissonnière et se mettent au service des régimes qui les abrutissent, adherent à des sectes et reseaux, pendant que les plus resistants s’accrochent en esperant veinement qu’un jour viendra où nos responsables politiques comprendront la nécessité de soutenir la recherche.  Le paradoxe à ce moment est que ceux de nos confrères qui sont passés dans l’administratif ou le politique sont les premiers à defendre l’indefendable. Ceci très souvent dans une masturbation intellectuelle qui n’a d’égale que l’energie avec laquelle ils vouaient ceux qui les opprimaient aux gemonies. Comme disait un de nos compatriotes dans une lettre publique aux camerounais, « ils ont succombé aux delices faciles du quotidien et affichent leurs diplômes comme de simples medailles rappelant leur exploits passés ». Ils ne lisent plus, ils n’apprennent plus, ils ne se remettent plus en question. Ils sont supposés être les « éveilleurs de consciences ». Mais non! Ils sont repus et compromis! Pourquoi les met-on derrière des bureaux si ce n’est une stratégie pour tuer leur génie! Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à l’autel des lubies de ses dirigeants? On a l’impression que ceux qui étaient qualifiés d’illettrés lors et après nos independances avaient fait mieux! Comprenez-moi bien. Je ne suis pas entrain de dire que des ingenieurs et des docteurs ne devraient pas occuper des postes de responsabilités. Mais la proportion de docteurs, ingenieurs et techniciens de tous bords « fonctionaires » en Afrique est alarmante!

Aujourd’hui, le constat est clair et evident. La grande majorité des hommes de science de l’Afrique formés après les années 1980 et surtout à partir des années 1990 ne rentrent plus en Afrique une fois leurs études terminées. Ces derniers occupent des postes de professeurs ou de chercheurs dans des universités et des  grands centres de recherche à la pointe de la science et  de  la technologie soit en Europe, en Asie et de plus en plus en Amérique du nord. D’autres preferent « laver les assiettes dans les pays où ils ont etudié quand ils n’arrivent pas à trouver un travail à la hauteur de leur competences ». L’Afrique compte aujourd’hui à travers le monde, pas moins de 40.000 PhDs ou docteurs d’État dans des domaines de la science et la technologie, et une grande majorité se trouve en ce moment aux Etats-Unis. Toute cette diaspora africaine de la matière grise est prête à aider le continent et je suis certain qu’une grande majorité veut rentrer aider l’Afrique à relever le défi technologique pour son développement. Mais, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de pesanteurs au sein des classes dirigeantes de nos jeunes États. L’Afrique ne fait rien ou pas assez pour encourager le retour des intellectuels africains comme ça se fait en Chine, en Inde, etc. Le veritable problème n’est pas financier ou économique. Il est plutot politique. Nous en discutons assez souvent entre nous. Nos politiques ne font rien pour nous encourager à retourner dans nos pays.

Si je prends mon cas particulier et mon champ de recherche, aucune structure de recherche au Cameroun ne peut me donner les conditions minimales nécessaires pour poursuivre ma recherche. Ce n’est pas un problème de salaire qui me preoccupe, mais plutôt la situation socio-politique. Des conditions de travail adequates et un environnement stable et viable sont nécessaires pour favoriser l’éclosion du savoir et la compétition avec d’autres chercheurs du monde. Je pense personnellement que nos confrères qui travaillent actuellement en Afrique sont des héros. Quand je pense à leurs conditions de travail, j’ai beaucoup de respect pour eux au vu de leur productivité scientifique. Imaginez un seul instant qu’on leur donne un peu plus de moyens!

Pour vous faire comprendre la difficulté d’aider l’Afrique et les freins que nous rencontrons à l’exemple du Cameroun, je vais vous donner un exemple bien simple. J’ai rencontré un haut responsable en charge de l’enseignement supérieur au Cameroun et lui ai proposé d’aller, à mes frais, donner chaque année, des cours pendant au moins deux semaines, gratuitement aux étudiants de l’école Polytechnique ou d’une université camerounaise afin de leur faire profiter de l’avancement des connaissances, et de mes recherches   dans mon domaine. Je n’ai jamais reçu une suite à ma demande. J’étais même prêt à mobiliser un certain nombre de mes collegues et amis africains et non-africains qui aimeraient aider le continent africain! Quelques temps après, j’ai fait la même proposition à la présidence rwandaise. Le courriel que j’avais envoyé autour de 22 heures, heure de Washington DC avait été répondu favorablement en l’espace d’une heure d’intervalle le même jour.  Le choix du Rwanda était guidé par la volonté du régime à doter ce jeune pays d’une des meilleures plateformes technologiques d’ici l’horizon 2020.  Le Rwanda, ce petit pays africain qui a connu des traumatismes inoubliables en 1994 a compris qu’il ne peut pas exister sans la volonté de sortir de la pauvreté, et donc du sous-développement. Au même moment, les dirigeants de mon pays d’origine se plaisent à voir le Cameroun dans la situation dans laquelle il se trouve puisqu’ ils refusent l’apport gratuit des camerounais de la diaspora. Pouvez-vouc imaginer qu’un chargé de cours gagne près de 4 millions de FCFA par mois au Rwanda alors qu’un enseignant dans une université camerounaise gagne à peine 200 mille FCFA par mois? J’ai rencontré un jeune enseignant béninois en Novembre 2007 à une conference à la Silicon Valley en Californie qui voulait partir de son poste qu’il occupe dans une université de la région des grands lacs pour le Rwanda pour faire un million de FCFA en plus par mois! Connaissant le Cameroun, j’avais l’impression que l’histoire de ce jeune enseignant africain, jonglant ainsi entre deux pays en Afriques relevait d’un recit Kafkaen. J’étais à la fois intrigué et fier de voir un tel dynamisme et cet intérêt poussé pour ce petit État montagneux et enclavé de la région des grands lacs – Le Rwanda.

La raison pour laquelle un pays comme le Cameroun est en retard n’est nullement le manque d’expertise. Je peux vous garantir que vous trouverez des camerounais dans tous les domaines scientifiques et techniques imaginables. Le problème est le manque de volonté politique, le manque de vision, l’absence de conditions nécessaires pour un meilleur epanouissement intellectuel. On peut aussi debattre sur les libertés individuelles Vous ne pouvez pas envoyer vos enfants aller étudier à l’étranger, et leur demander à leur retour d’oublier les valeurs morales et sociales (positives) qu’ils ramenent avec eux dans leurs bagages quand ils rentrent au pays. C’est leur demander de renier une partie d’eux-mêmes. Voilà d’une façon non exhaustive, autant de goulots d’étranglement à l’essor et la prospérité d’un pays comme le Cameroun.La clé de notre retard se résume simplement par le manque de volonté politique   de nos dirigeants. 

LV Vous aviez appris que le chef de l’État Paul Biya du Cameroun a modifié récemment la constitution surtout l’Art 6 alinéa 2 pour se représenter N+1 fois aux élections présidentielles. Face à une gouvernance politique de cette nature, pensez-vous qu’il existe une possibilité de sortir du sous-développement?   

AA- Personnellement, je ne pense pas que le chef de l’État soit seul responsable du pourrissement de la situation au Cameroun. Le dire serait de la malhonnêteté intellectuelle. En dehors du chef de l’État, je pense qu’il y a des gens autour de lui qui prennent aussi des décisions. Pensez vous que M. Paul Biya,  se trouverait offensé qu’un ministre en charge de l’Enseignement supérieur ou de la Recherche scientifique aie pris des mesures, visant à encourager le transfert du savoir faire des hommes de sciences camerounais de la diaspora pour le bénéfice du Cameroun.Je ne pense pas  que ce dernier   se verrait blâmer ou limoger de son porte-feuille ministériel. Pour cette raison, le tort ne saurait revenir au chef de l’État tout seul, même s’il est à la tête du pays. Le tort revient au système tout entier. C’est tout un systeme qui est responsable de nos malheurs. C’est ce systeme qui nous abrutit, nous accable, traîne les pieds et freine toute velléité de progrès.

Si le prochain président de la république est de l’entourage du chef de l’État Paul Biya, je suis certain qu’il sera difficile de voir changer les mentalités qui compromettent le progrès du Cameroun. Cependant, il faudrait s’attendre à certains changements parce que le nouveau président amenera certainement avec lui ses hommes de confiance. Il bâtira son propre système, un système qui lui permettra de diriger. Qui sait? Il nous surprendra peut-être.

Je n’ai pas de solution magique, mais je suis convaincu que la majorité des camerounais de la diaspora ayant un réel souci de transformation de notre société veulent voir les choses changer. Ils pensent être mieux placés pour gérer de manière efficiente et mener le pays vers un développement durable. Cependant, ils doivent comprendre que le Cameroun n’est pas un pays facile. Mon père a fait sa carrière dans le commandement. Pour avoir servi dans diverses régions du pays, il connaissait bien le Cameroun. Il me disait toujours que le Cameroun n’est pas facile à diriger. Nous avons nos réalites qui nous sont propres, et, malgré tous les diplômes que nous engrangeons à l’etranger, sans une connaissance et une comprehension profondes de nos réalites locales, il est impossible de diriger efficacement le Cameroun. Ceux de la diaspora qui veulent aider leurs pays doivent composer avec ceux qui sont sur place. Il n’y a pas que des idiots et des repus sur place. Il y’a aussi des gens competents qui n’attendent que la bonne occasion pour éclore. J’aimerais aussi que nous de la diaspora soyons francs avec nous-mêmes. Nous avons toutes ces belles idées quand nous sommes à l’exterieur et/ou hors de la mangeoire. Dès que nous recevons un petit strapontin, nous morphons et devenons ce que nous recusions par le passé. Puis, nous commençons à parler la bouche pleine.

La panacée pour sortir les pays africains du sous-développement semble être le développement durable. Seigneur! Quelle belle expression! Je vous parie que la majorité des intervenants africains dans les colloques internationaux,  ne comprennent même pas ce que cette expression veut dire. Loin de moi l’intention d’insulter leur intellect. Je ne vois tout simplement pas les signes accompagnateurs de la maîtrise de ce concept dans nos societés.  Les projets sont menés sans tenir compte des études environnementales qui ont été faites à coup de centaines de millions de FCFA, des édifices construits avec l’argent des contribuables ne sont pas entretenus. On attend que les ascenseurs ne fonctionnent plus du tout pour les remplacer tout simplement! On signe des contrats d’achats de systèmes informatiques avec des societés occidentales (françaises en  occurence) à la BEAC sans exiger que les fichiers sources soient la proprieté de la BEAC. Au moindre petit problème, il faut appeler « UN SPECIALISTE BLANC » -formé sur  le tas s’il vous plaît – qui viendra à coup de millions, passer une semaine sous le beau soleil africain pour résoudre un petit problème de 10 minutes au frais de la BEAC!  Grand Dieu! Et on parle de développement durable. Le développement durable nécessite une culture de développement. Une vision. On doit apprendre à prevoir. Pouvoir adapter des solutions qui ont marché ailleurs à nos problèmes en tenant compte de nos specificités. Pouvoir se reinventer! Le développement durable est plus difficile que vous ne le croyez. Pour une societé aussi ancré dans le laxisme et les passe-droits comme le Cameroun, permettez-moi de douter de la volonté de certains quand ils prononcent ces deux mots.

LC Un proverbe chinois dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Il est vrai, le problème du Cameroun tout comme celui de l’Afrique entière est celui du système en place. Cependant, à la tête d’un système tout comme celui d’un équipage de bateau ou d’avion, il y a un capitaine de navire ou un commandant d’aéronef. Dès lors, tous les malheurs de ce système reposent avant tout sur la tête du commandant en chef qui est le chef de l’État. C’est clair. D’où l’intérêt de pointer le doigt accusateur d’abord sur le Président Paul Biya. Qu’en dites-vous? 

AA Je ne  suis pas entrain de faire la défense du Chef de l’État tout comme je me refuse de politiser le débat. Mais pour vous donner un exemple de progrès dans le totalitarisme, regardez la Chine. J’invite les uns et les autres à faire la différence entre la politique et le développement, bien que les deux soient intimement liés! Je ne suis pas un spécialiste des questions de développement, mais je sais tout de même additionner 2 et 2.

La Chine est l’une des dictatures les plus violentes au monde. Cependant, l’empire du milieu est entrain de rivaliser, voire même menacer la légitimité de la superpuissance américaine dans ce 21ème siecle. Ceci grâce à la maîtrise de la science et de la technologie et à l’apport de sa diaspora à travers le monde. La Chine a su créer les conditions d’un développement durable. La Chine a créée les conditions nécessaires à l’éclosion d’une classe moyenne qui est le veritable moteur de son développement. La Chine a créée les conditions favorables au retour de sa diapora. Les chinois ont par exemple le droit d’avoir plusieurs nationalités. Ce qui permet une meilleure circulation de ses citoyens. Qui dit circulation dit mobilité et opportunités d’études, de travail, etc. C’est la preuve que même dans une dictature, on peut faire avancer les choses si la volonté existe réellement. Pour vous dire la vérité, je ne suis qu’un scientifique et je ne peux proposer que des solutions scientifiques aux problèmes africains. Je formule le vœux que les dirigeants politiques au pouvoir en Afrique mesurent le retard de leur pays respectif et manifestent plus de volonté  politique à changer le visage peu honorable que nous montrons. L’image d’une Afrique meurtrie par la misère et le poids trop lourd de son sous développement.  

LC L’Afrique représente trois fois la superficie du continent européen et environ 14% de la population mondiale. Malgré son potentiel, le continent noir demeure à la traîne du progrès. Est-ce qu’il faut décidément donner raison aux européocentristes et afro pessimistes qui pensent que les africains sont congénitalement réfractaires à tout ce qui relève du développement?   

AA Les africains ne sont pas réfractaires au progrès social, au développement. Cependant, je crois qu’il y a des pesanteurs intérieures et extérieures qui empêchent le take off ou le décollage de l’Afrique. J’ai la conviction que certaines personnes aussi bien dans nos États qu’à l’extérieur travaillent dur pour nous garder sous-développés. J’ai la ferme conviction que les classes dirigeantes africaines sont des coopérants au service des puissances occidentales dans leur propres pays. Ils sont en mission d’abrutissement et d’exploitation en Afrique. Ils ont tous des passports étrangers et ont leur enfants en occident. Ils ont toujours sous la main un billet d’avion pour partir au moindre soubresaut. Cette situation de l’Afrique joue en leur faveur parce qu’ils n’ont pas de compte à rendre à ceux-la qu’ils administrent pour le compte de leurs maîtres occidentaux. Ils traîtent mieux leurs animaux domestiques que le contribuable qui paie les impôts avec lesquels ils sont grassement payés. Je les plains à la fin parce qu’ils sont eux-mêmes prisonniers dans ces vastes prisons que sont les pays africains. Ils sont autant prisonniers que ces prisonniers qu’ils tiennent fermement sous leurs jougs pour le compte de leurs maîtres. Malheureusement pour eux, quand ces populations en haillons se rebellent parce que trop affamées et brimées, ils n’ont que ces prisons pour se sentir vivre parce que ne pouvant pas supporter les hivers occidentaux qui tyrannisent leur rhumatisme. Les bons mets de chez eux leur manquent, pour ceux qui choisissent l’exil. Ils sont parfois obligés de négocier leur retour et deviennent prisonniers des nouveaux gardes prisonniers. Et le cycle recommence.

Il faut savoir que le développement de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. Notre changement viendra de l’intérieur. Pour cela, il faut une réelle prise de conscience de l’intérieur, des africains, pour faire bouger les choses dans l’optique de booster le développement de l’Afrique. Prenons un autre exemple. La Tunisie et le Maroc. Ces deux pays ne peuvent pas se prévaloir d’avoir plus de liberté individuelle que le Cameroun. Cependant, en matière de progrès social, économique voire technologique, ces pays sont de loin plus avancés que le Cameroun car la volonté de développement y existe. C’est tout le contraire au Camroun. Au Cameroun, nous assistons à une frenesie devorante et destructrice dans laquelle les camerounais de tous bords, certains avec l’aide de l’étranger, se bousculent autour de ce grand malade qu’est le Cameroun, le charcutent de toutes parts comme des fauves, et vont cacher des morceaux dans l’attente des mauvais jours. Ils jouent à qui pillera plus et le plus vite. C’est à qui mieux mieux. Un safari aux relents de crimes contre l’humanite!

A l’époque où j’étais étudiant en Belgique, j’ai un ami tunisien qui m’avait dit que leur gouvernement envoyait chaque année, des hautes personnalités faire le tour des pays du monde pour  recruter des médecins, des scientifiques, des ingénieurs pour venir combler des postes en création ou vacants dans le domaine médical, l’enseignement et la recherche. Aujourd’hui, la Tunisie a une expertise dans des domaines comme les travaux publics, le bâtiment, l’informatique, la médecine, le tourisme, etc. De nos jours, les européens traversent la méditerranée pour aller se faire soigner en Tunisie. Ce tourisme médical génère des millions de dollars chaque année dans ce pays. Tout ceci a été possible en Tunisie grâce à la prise de conscience de tous les maillons du système au pouvoir. Nous savons pourtant que le camarade Ben Ali est l’un des démocrates les plus respectueux des libertés individuelles au monde. Suivez mon regard. Il n’y a qu’à lire le discours de Sarkozy le mois dernier à Tunis. Le camarade Ben Ali n’est pourtant pas plus démocrate que Paul Biya. Comparé à la Tunisie, le Cameroun est un îlot de liberté. Mais au moins, les résultats économiques et le progrès social sont perceptibles dans tout le pays. Là encore se pose une question de volonté politique du chef de l’État et de tout son entourage.

Jusqu’à une certaine année, et peut-être encore jusqu’à ce jour, les camerounais representaient le groupe étranger le plus representatif dans le corps médical et dans l’ingenierie en Belgique. Nombreux sont ces médecins et ingenieurs camerounais formés en Belgique qui sont rentrés au Cameroun. Deçus par les structures d’accueil ou leur manque, ont préféré repartir avec la ferme décision de ne plus revenir au pays si les choses ne changent pas. Le savoir faire ne manque pas en Afrique et particulièrement au Cameroun. Une fois encore, j’insiste pour dire que c’est une question de volonté politique. Il y a beaucoup qui trouvent leur compte dans la frange dans laquelle nous insistons parce que cette situation fait leur affaire. Non pas qu’ils ignorent ce qu’il y’a lieu de faire pour le bien-être de tous. Un autre exemple que j’aime bien cité, c’est celui de la Corée du sud.

La Corée du Sud s’est transformée à l’époque d’un président qui avait dirigée le pays d’une main de fer. J’ai vu à la télé, un documentaire saisissant dans lequel on montrait comment les sud-coréens ont appris à construire des ponts, et ont bâtis leur industie lourde, bien avant les investissements massifs des Etats-Unis d’Amerique dans leur économie. D’échec en échec, la Corée a fini par apprendre et est devenue le tigre qu’on connait aujourd’hui. Bien des camerounais ignorent que le PIB de la Corée du Sud était inferieur à celui du Cameroun dans les années soixante, et que le Cameroun pretait même de l’argent à ce pays. Ce qui voudrait dire que même dans une dictature, il est possible de créer des richesses et resorber le sous développement. Les africains ne sont pas des attardés. Les raisons de notre retard sont ailleur!

LC Pourquoi les chefs d’État africain ne peuvent pas œuvrer à mettre sur pied des masse critique, des regroupements, des centres d’excellence pour la recherche africaine pour attirer les chercheurs à revenir faire la science et la technologie sur le continent parce que la recherche demande énormément d’argent surtout dans certains domaines? 

AA C’est bien pensé mais il faut savoir qu’il y a des domaines de la recherche qui ne demandent pas beaucoup d’argent. C’est le cas de l’informatique qui est devenu en quelques années la pierre angulaire sans laquelle aucun développement n’est possible. Pour faire de la recherche en informatique ajourd’hui, on a juste besoin d’un ordinateur et d’une connexion internet. Aujourd’hui, presque toute la connaissance est disponible sur le net, et ceci gratuitement s’il vous plaît! On peut s’eduquer et créer à moindre  frais. Je défie quiconque va  me prouver le contraire. Pour ce qui est de la technologie, sa maîtrise peut se faire de la même façon. Je vous prends le cas des programmeurs. On n’a pas besoin d’un grand bagage académique pour créer des programmes informatiques. En plus, vous trouvez gratuitement sur le net des solutions à pratiquement tous les problèmes que vous rencontrez dans le domaine. Sur le net, on trouve même des recettes pour construire des bombes. Il existe même des sites qui montrent comment construire  une bombe atomique. Ce qui vous manquera, c’est le matériel pour le faire. C’est là qu’il faudrait faire la différence entre la science et la technologie. La science vous donne la theorie nécessaire à la conception de la bombe, et la technologie vous donne les outils, le materiaux et les techniques pour construire la bombe proprement dite. Ceux qui disent que l’Afrique n’a pas de moyen pour faire la recherche ou de maîtriser la technologie sont soit ignorants ou alors de mauvaise foi. Nous avons le « Know How », c’est à- dire la connaissance. Pour construire une maison, un immeuble au Cameroun, faut-il faire venir des maçons en Guinée Équatorialeou du Gabon? Je pense que non car ils sont formés dans les collèges d’enseignement technique industriel et commercial(CETIC). C’est la même chose en informatique parce que, pour construire un programme informatique, quelqu’il soit, on a pas besoin que tous ceux qui travaillent sur le projet soient titulaires d’un PhD. Dans la majorité des cas, vous ne trouvez même pas des docteurs et des personnes avec le titre formel d’ingenieur dans la construction des programmes informatiques. L’experience tout simplement fait souvent l’affaire! On peut former de bons programmeurs sans que ceux-ci ne soient passés dans une école d’informatique pour prendre des cours formels. Je vous forme un programmeur en un mois, et un bon programmeur en 6 mois sans connaissances préalables en informatique! Pour ceux qui ne le savent pas, construire un programme informatique c’est comme construire une maison. Vous avez un architecte qui conçoit la maquette de la maison, fait l’étude du terrain, les dessins techniques etc. Et vous avez les maçons qui savent comment mettre une brique l’une sur l’autre. Donc, vous aurez un architecte pour 10, 20, 50 maçons et voire plus. Vous pouvez aussi avoir un ou deux contre-maîtres qui s’occupent de certains aspects du programme informatique et vous aident à diriger les maçons. Je parle par expérience pour avoir occupé le poste de « Chief Architect », et avoir construit des programmes informatiques valant des millions de dollars americains.  Formez-nous ces programmeurs dans les CETICs! C’est possible. C’est pas de la magie! Nous pouvons former des programmeurs comme on forme des maçons dans nos CETICs!

Nous manquons d’argent pour faire la recherche poussée dans des domaines comme la  physique nucléaire. Mais en informatique, il ne faut pas de grands moyens pour commencer. C’est une évidence. Seulement, nous devons savoir qu’il ne suffit pas de commencer à faire de la recherche, il faut être capable de la soutenir pour espérer en récolter les fruits. Le développement se soutient. On ne doit pas créer des stuctures de recherche et les laisser deperir comme on a si bien appris à le faire avec les bâtiments publics. On les construit et on les utilise jusqu’a ce qu’ils rendemt l’âme (i.e. deviennent insalubres et inutilisables). Il ne suffit pas de souhaiter le développement, il faut créer des conditions pour soutenir ce développement.

Au vu de ce que le monde est entrain de devenir, un monde dans lequel la maîtrise de l’informatique et des technologies de l’information en général sont devenues incortournables, je me pose bien la question de savoir comment on entrevoit le développement durable sans la maîtrise de ces outils. Je lis la presse camerounaise tous les matins, et je tombe regulièrement sur les colloques et seminaires pour la maîtrise des TIC. Je pense que les discours ne nous menerons nul part. Pendant que nous donnons des discours, les autres avancent pratiquement.  Le Cameroun, avec ses chômeurs licenciés en lettre, en droit ou en sciences économiques pourrait mettre sur pieds une vaste campagne de reconvertion vers l’informatique et ainsi attirer les compagnies étrangeres qui trouveront sur place une main d’oeuvre qualifiée et bon prix, et facilement renouvelable. Donnez moi un licencié en lettre, je vous en fait un programmeur, peut-être pas un informaticien.

Il y a quelques années, la Belgique et l’Allemagne ont sollicitée la main d’œuvre informatique de certains pays comme l’Inde. L’intégration de ces indiens fut tellement difficile (xenophobie rempante, etc.) que l’Allemagne dut abandonner l’expérience au bout d’un certain temps. La Belgique quant à elle s’est résolue à faire de certains de ces chômeurs, des programmeurs en leur donnant une formation accélérée de trois mois, et ceci gratuitement. Parmi ces chômeurs, il y avait des africains notamment des camerounais formés dans d’autres domaines en Belgique. Pourquoi au Cameroun a-t-on des difficultés à emuler et imiter  les bonnes choses qui se font ailleurs si nous ne sommes pas capable de trouver des solutions innovatrices par nous-mêmes.

La science nous a été donnée. Elle est enseignée un peu partout dans le monde, disponible sur la toile. Il en est de même de la technologie. Mais une certaine technologie ne nous sera jamais donnée. On nous permettra de l’utiliser sans toutefois nous permettre de la maîtriser. Vous n’avez qu’à voir comment les brevets sont libelés. La retro-ingenierie est sevèrement punie, bien que certaines nations s’en moquent et dissequent le travail fait par d’autres pour en maîtriser les contours. Cherchons à maîtriser la technologie à notre portée. Le gouvernement doit encourager les camerounais à acquerir par exemple des outils électroniques (commes des ordinateurs) et d’autres à des taux préférentiels en terme de taxation douanière, pour faciliter l’accès de ces outils au plus grand nombre. Vous verrez la suite.

Nous devons aussi nous assurer que nous appliquons les connaissances scientifiques acquises à la résolution des problèmes locaux. Chaque pays, chaque région du monde a des problèmes qui lui sont propres. La science a ceci de bien qu’elle est juste un outil dans la chaîne de production. Un outil bien versatile. Les lois de la physique par exemple sont les mêmes sous tous les cieux. Il faut donc faire cette science notre. Comme disait le Prix Nobel de littérature Portugais José Saramago, « La langue appartient à ceux qui la parlent, pour le meilleur et pour le pire », je dirais aussi que la science appartient à ceux qui la maîtrisent, pour le meilleur et pour le pire.

Il faut aussi encourager les chercheurs. Sans un soutien réel des pouvoirs publics, ces derniers ne pourront pas soutenir le développement du continent. J’ai par exemple lu un article dans un journal camerounais dont je ne me souviens pas le nom qu’un chercheur camerounais avait mis au point, il y’a une dizaine d’années, une espèce de semence de riz très riche en proteine, et qui permettait aussi d’augmenter sensiblement la productivité. L’espèce de riz en question est actuellement cultivée en Afrique de l’ouest. Ce qui est une bonne chose. Mais pourquoi pas au Cameroun où elle a été conçue? Ah je vois. Les prescriptions du FMI. Qu’est-ce qui nous y a amenés? Le manque de prévision. A quoi servent donc tous ces « thésards ou docteurs » qui pullulent dans les ministères en charge de l’économie et de la planification? Le chercheur cité plus haut est un héros pour la région ouest africaine. Pas au Cameroun où il est clochardisé comme bien d’autres grands esprits de chez nous.

LC Comment pouvez vous imaginer qu’ un camerounais de la diaspora qui veut revenir dans son pays d’origine se voit obligé d’obtenir une invitation formelle de quelqu’ un du Cameroun. Pourtant en Chine ou ailleurs,tu auras beau avoir dix citoyennetés différentes,le jour où on veut rentrer en Chine, le pays vous offre les conditions d’une bonne intégration à votre retour. Ensuite, le gouvernement chinois met à votre disposition, des moyens soit pour créer un laboratoire de recherche avec une équipe de chercheurs si vous êtes un homme de science. Dailleurs, savez vous qu’après l’élection de Jean Ping à la tête de la Commission de  l’Union africaine, l’agence Chine Nouvelle ou Xinhua  s’est félicitée de son élection. En fait, ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que le père du gabonais Jean Ping était un chinois arrivé au Gabon dans les années 1930.Cela veut tout dire. Au Cameroun, la diaspora ne fait-elle pas peur au régime? 

AA Le problème que vous soulevez est réel. Cette politique peut être bonne et mauvaise. Personnellement, pour aller au pays, je dois faire la demande d’un visa. J’ai pris la nationalité américaine par nécessité. Je fais dans la recherche militaire et les systèmes informatiques pour le renseignement. Aux Etats-Unis, pour travailler dans des domaines comme ceux là, il faut avoir la citoyenneté américaine. Ce sont des domaines qui sont réservés uniquement aux américains. Le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité. Si je dois aller au pays, il faut que je donne des raisons à l’ambassade du bien fondé de mon voyage au Cameroun.

Toutes ces mesures sont la preuve du manque de volonté politique de nos dirigeants. En effet, ces derniers savent que le pays possède des citoyens valables hors du pays. Le refus de les impliquer dans le combat pour le développement pourrait peut-être s’expliquer par la peur de l’inconnu. En effet, ces enfants qu’on a envoyés à l’exterieur pourraient venir créer des problèmes nouveaux, avoir des revendications qui pourraient remettre en question un certain ordre établi. D’ou des mesures restrictives et suicidaires comme celle prise à l’endroit des camerounais vivant à l’étranger. Nos dirigeants sont conscients du fait que la diaspora camerounaise ne sera pas docile comme le sont ces citoyens de l’intérieur. Ensuite, la plupart des camerounais de la diaspora ont une double nationalité et leur créer des problèmes n’est pas chose facile pour nos dirigeants compte tenu   de l’influence du pays d’adoption. Cependant, une question se pose. Comment résoudre l’équation inextricable qui résulte de l’incompatibilité structurelle, doctrinale et idéologique entre la gestion de la chose publique telle qu’elle est faite sous les bananiers (en Afrique) et le besoin de développement? Toute la problématique du développement africain est là. Nos dirigeants devront un jour ou l’autre répondre à cette question.

LC La recherche scientifique est fonction de la spécificité de chaque pays? 

AA Exactement, la recherche scientifique et technologique vise à résoudre les problèmes spécifiques de chaque pays. Les problèmes aux États-Unis sont différents de ceux du Cameroun. Prenons un autre exemple simple. L’obesité est un probleme de santé publique aux Etats-Unis alors que le Cameroun doit faire face aux maladies comme le paludisme qui prennent des proportions endémiques. Les priorités doivent forcement être differentes.

Cependant, avec la mondialisation qui nous est imposée, certains types de problèmes deviennent progressivement les mêmes dans plusieurs, sinon tous les coins du globe. Vous avez ainsi le diabete qui devient un problème de santé publique dans des pays comme l’Inde, et même le Cameroun à cause entre autre du manque d’exercice, qui lui, est dû aux multiples facilités que nous avons aujourd’hui (vehicule, fast food, etc.). Nos priorités dans certains domaines pourraient donc rencontrer ceux d’autres pays où d’autres régions. Mais toujours est-il que cette science ou recherche qui sera faite sur des problèmes communs devra être adaptée à nos cultures, notre climat, notre biodiversité, etc. Si on prend l’example du diabete cité plus haut, vous verrez qu’il existe un diabete de type tropical que vous ne trouverez qu’en Afrique sub-saharienne.

Pour ce qui me concerne, j’ai fait la recherche sur les systèmes distribués, et les agents intelligents. Je ne vois personnellement pas, du moins dans l’immediat comment ce genre de recherche peut profiter au Cameroun. Le genre de recherche que je fais entre plutôt dans l’outil de production, alors que le Cameroun n’est encore qu’un consommateur. Neanmoins, ça ne ferait pas de mal d’enseigner ces connaissances à des compatriotes. 

LC Quel est le regard que vos collègues américains portent sur vous qui faites la recherche militaire? 

AA En Europe, on pourrait avoir un autre regard sur moi. Je me rappelle d’un de mes professeurs en Belgique qui m’avait demandé si je rentrerais un jour au Cameroun, vu le genre de recherche que je fais, et les resultats que j’obtiens.  Cet enseignant me prenait pour un oiseau rare. Et à cette époque, je me rappelle que j’étais l’un des rares africains dans le département d’informatique de mon université. Pour le lecteur, je dois preciser que j’ai fait toutes mes études d’informatique dans une université neerlandophone. Mais aux Etats-Unis, c’est différent, car les américains sont très ouverts. Le pays est un grand carrefour du monde. Les gens viennent de toutes les régions de la planète et les competences sont reconnues. Quand vous êtes compétent dans le pays de l’oncle Sam, Vous n’avez pas l’impression d’être un étranger. Le racisme devient un problème pour les couches pauvres de la societe et les moins scolarisés. 

LC Est-ce que les africains de la diaspora se réunissent autour d’un cercle d’hommes de science aux Etats-Unis comme le font certaines communautés notamment indienne ou chinoise? 

AA-Vous allez trop loin. Dans la communaute camerounaise de la région de Washington DC où je vis, la communauté est morcelée en association sur des bases ethniques ou tribales. Ce qui n’est pas mauvais d’un point de vue culturelle et même sociale. Mais cela peut aussi representer un frein pour l’évolution de la communauté camerounaise dans son ensemble. Nous avons besoin d’un mouvement qui refletent toutes les couches et la diversité de la nation camerounaise. C’est la seule façon pour nous d’avoir une certaine visibilité et faire contre-poids face aux velleités d’hégemoniques d’autres communautés aux USA. Pour exemple, Il y avait des postes d’emploi ouverts au sein de l’ enterprise dans laquelle je travaille. J’ai fait circuler l’information demandant des CV de camerounais pendant trois mois  dans la région de Washington DC. Ils sont pourtant nombreux, mais je n’ai reçu que deux CV venant de personnes n’ayant pas le profil requis. Pourquoi mon information n’a pas pu circuler? Je suis certain qu’il y’a eu retention de l’information. Il faut dire les choses comme elles sont. Nous camerounais savons être égoïstes. Nous avons des competences dans la communauté. Mais l’information n’a pas circulée. Raison pour laquelle, beaucoup de camerounais n’ont pas postulé. En face, vous avez les rouleaux compresseurs chinois et indien, et ceux d’autres communautés moins visibles, mais très soudées comme les Sénégalais et les Maliens. Eux ont compris que l’union fait la force. Résultats des courses, les nôtres ont des problèmes à trouver des emplois parce qu’ils n’ont pas eu de « tuyau ». Comprenez-moi bien. Il ne suffit pas que l’on dépose votre dossier sur la table d’un responsable des ressources humaines pour être engagé. Il faut aussi être competent. Le plus dur, c’est d’avoir son CV sur la table de ce responsable. Quand la reférence vient de l’interieur de la boîte, très souvent le traitement du CV est différent. C’est ce que les autres communautés ont compris.

C’est regrettable qu’il n’existe pas une communauté véritablement camerounaise. Pourtant, c’est au sein d’un regroupement de ce type qu’on peut discuter des vrais problèmes de développement de notre pays. Les clivages que j’ai relevés plus hauts apportent toutefois une certaine cohesion et un sentiment d’appartenance à une entité commune. Ils permettent de discuter des problèmes du village et apportez un certain développement dans nos contrées respectives. Mais la question que je me pose est celle de savoir où est le Cameroun dans tout cela? On s’intéresse à l’intérêt ethnique, ce qui n’est pas mauvais, mais pas à l’intérêt national. Ce sont des schémas que nous avons importés du Cameroun, et nous n’avons pas eu la force ou la volonté de transcender ces clivages et jouer le jeu du nombre comme font les autres communautés plus structurées.

Si nous montons d’un cran dans cette analogie, vous comprenez que nous sommes loin de pouvoir parler d’une seule voix à l’échelle continentale. C’est pourtant pas des gens capables qui manquent.

LC La course au parti démocrate est rude entre deux candidats, le sénateur africain américain Barack Obama et une femme, la sénatrice Hillary Clinton. Quelle est votre analyse des deux forces en présence? 

AA  Je suis heureux des exploits du sénateur noir Barack Obama car il donne une certaine fierté aux africains. Je suis très fier de lui. Mais mon cœur continue de balancer entre les deux candidats. En effet, j’aime beaucoup madame Clinton autant que j’aime Obama. Mon souhait serait de les voir tous les deux à la Maison Blanche comme Président et Vice Président. De toute manière, quiconque sera nominé aura mon vote.

L’élection de Barack Obama va certainement apporter un changement de mentalité et va forcer les uns et les autres à regarder le noir autrement à travers le monde. C’est sûr. Sa présence à la tête du pays le plus puissant du monde aura un impact majeur et certain sur la manière de faire la politique en Afrique. Mais j’ai peur qu’il ne puisse pas aider les noirs comme il voudrait. Tout geste en direction de l’Afrique sera interprété autrement par les lobbys et les autres communautés. Il aura les mains un peu liées. Je pense par exemple à un plan Marshall pour l’Afrique comme celui qui a été implementé en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais j’ai peur que cela ne puisse pas marcher si nous ne changeons pas notre façon de gerer la chose publique, si nous ne changeons pas nos mentalités. Ça ne servira à rien si nous continuons à nous adonner a notre sport favori: Detourner les fonds publics pour les cacher dans des paradis fiscaux.

LC  Est ce que vous avez une dernière préoccupation que nous n’avons pas abordée mais donc vous souhaitez donner votre opinion? 

AA  Je voudrai revenir une derniere fois sur le problème de transfert de technologie. Je pense que nous devons nous reveiller. D’après moi, le transfert de technologie s’est déjà fait. Nous sommes formés dans plusieurs domaines à la pointe de la science et de la technologie dans des écoles et universités occidentales. Quel autre transfert de connaissance souhaitons nous obtenir de l’occident? Il est question de prendre cette science là et l’implémenter en Afrique. C’est tout.

Je vous ai dit plus haut qu’il y’a des technologies que l’on ne nous donnera jamais. Ne rêvons pas. L’occident a eu à dépenser des budgets colossaux pour les recherches ayant menée à la création de ces technologies. Pourquoi voulez-vous qu’on vous donne ces technologies gratuitement? Nous avons le savoir theorique. Bâttons-nous pour créer des technologies adaptées à nos conditions, à notre environnement, des technologies propres. L’intelligence, c’est la faculté d’adapter les moyens aux fins. Nous avons l’intelligence qui semble la chose la mieux partagée au monde. Nous avons acquis des connaissances theoriques et pratiques. Mettons nous au travail. La balle est dans notre camp.Voilà plus ou moins ce que j’avais à dire. 
 

                                                                      Propos recueillis du Québec

                                                                          Par Ferdinand Mayega

INTERVIEW EXCLUSIVE

INTERVIEW EXCLUSIVE                                                                                                                                                                          Le développement durable de l’Afrique est devenu une grande préoccupation pour l’intelligentsia africaine de la diaspora.Nous sommes allés à la rencontre du roboticien canadien d’origine camerounaise Emmanuel Bissé, PhD en génie mécanique avec spécialisation en robotique de l’école polytechnique de Montréal. Soucieux de sauver de milliers de mineurs qui meurent ici et là à travers le monde,son sujet de thèse de doctorat était intitulé :<<La robotisation de l’excavation des mines souterraines avec des robots télécommandés à partir du sol.>>

Il s’agissait pour lui de mettre au point des machines qui peuvent opérer sous  sol mais téléguidées à partir du haut .Ce natif du Cameroun a initié des projets pour  l’armée canadienne.Ensuite, ce dernier a été sollicité aux Etats-Unis où il a travaillé pour des compagnies qui faisaient le développement des équipements d’assemblage de véhicules  pour des géants de l’automobile comme Ford. Aujourd’hui, cet inventeur  travaille comme chercheur au centre de recherche de la multinationale Siemens à Princeton dans le New Jersey aux États-unis. Comme il le dit si bien pour insister,il admire tous les jours la maison sobre  du savant Albert Einstein et est allé à plusieurs reprises  rechercher des sources de créativité dans le bureau du père de la relativité à la prestigieuse université de Princeton.

Préoccupé de la place peu honorable du continent noir dans la marche des affaires du monde, nous avons abordés avec cet homme de science de 43ans marié à une camerounaise et père de 2 enfants de divers sujets notamment le transfert de technologie, l’importance de la diaspora dans le développement,les Tic…pour le take off de l’Afrique. Lisez plutôt.

Le transfert de technologie est de plus en plus évoqué dans les grands forums par les décideurs du monde notamment en Afrique pour le développement du continent .Qu’en dites vous?

Merci de  l’opportunité que vous me donner de participer au débat sur le sujet du transfert de technologie qui est important et vital pour le développement de l’Afrique et du Cameroun en particulier. Il faut dire que j’ai déjà un problème fondamental sur la définition du terme transfert de technologie. En fait, je vais certainement choqué certaine sensibilité, je ne sais pas ce que transfert de technologie veut dire, cependant ce que je sais c’est que les technologies sont généralement développées pour résoudre les 

problèmes socio-économiques. Et chaque société a ses problèmes  qui lui sont propres et quand une société développe des technologies, ces technologies visent à résoudre les problèmes qui se posent dans cet environnement précis. Il est vrai qu’il y a des problèmes qui sont presque génériques c’est -à -dire qui se retrouvent dans plusieurs sociétés un peu semblables ou similaires,toujours est-il qu’il y a  des nuances.

Prenons l’exemple de la téléphonie, dans ces sociétés développées comme le Canada ou les Etats-Unis, quand on formalise les problèmes de téléphonie, on veut s’assurer que chaque personne qui compose un numéro obtient effectivement le numéro à l’autre bout. Mais aussi que tout le monde est à mesure de payer le service. Mais si le même problème est posé dans le cas du Cameroun, le problème se pose différemment. Au Cameroun, tout le monde n’est pas à mesure de payer le service. C’est un problème fondamental .Dès lors, il faut réfléchir pour résoudre le problème de manière à ce que les gens puissent obtenir le service pour le montant dont-ils sont capables de payer. Vous constater avec moi que cela change toute la formulation du problème. Ici au Canada ou aux Etats-Unis, les gens vont s’abonner à un service téléphonique pour lequel ils vont être capable de payer un montant forfaitaire fixe par mois généralement à partir de leur compte bancaire. Puisqu’il y a suffisamment de gens qui peuvent payer ce montant fixé à l’avance,quand la compagnie de téléphone fait ses statistiques et ses calculs, avec un certain pourcentage de clients, ladite compagnie entre dans ses dépenses et fait beaucoup de bénéfices. Au niveau du Cameroun, beaucoup de citoyens ne peuvent pas payer ce montant fixe. Les gens ne peuvent payer qu’un appel, trois appels, un nombre d’appels X par mois donc il faut à ce niveau mettre sur pied des produits téléphoniques  qui sont à l’utilisation. Ensuite, il faut définir la structure du service, développer des logiciels, le hardware, des machines adaptées pour ce genre de service à rendre. À ce niveau, vous comprenez la difficulté et la complexité voire la problématique de ce que les autres, les décideurs appellent le transfert de technologie en Afrique.

Le Nigeria a lancé un satellite de télécommunication dans l’espace grâce à la Chine tout comme l’Afrique d’ailleurs en décembre dernier à travers Erascom à la base de Kourou en Guyane Française. L’indépendance de l’Afrique passe aussi par sa souveraineté en matière de télécommunication avec des avantages en terme de coût financier sur les appels et d’accessibilité à tous même dans les zones rurales. Quelle est votre opinion à ce sujet? 

Le problème d’avoir ses propres équipements est manichéen, à la fois bon et mauvais car il ne suffit pas d’avoir ces équipements mais aussi d’être capable de gérer et de faire la maintenance de ces équipements ainsi que d’avoir des coûts de service de qualité  avantageux pour la population.  Si tel n’est pas le cas, à ce moment là, vaudrait mieux avoir des services d’un opérateur quelconque qui se soucie au mieux de la satisfaction de sa clientèle ayant des coûts de service beaucoup moins chers. Je prends un exemple très simple, j’ai mon site Web, je peux acheter un ordinateur et mettre un serveur chez moi, mais pour ma part, cela me coûte plus cher de faire la maintenance de ce serveur alors que cela me coûte relativement moins cher de payer une autre compagnie spécialisé dans l’hébergement des sites Web. Cette société s’occupe de tout et s’assure que le site est toujours bien opérationnel et le service de qualité. À ce niveau, il devient préférable de louer chez quelqu’un d’autre à un coût réduit au lieu de le faire moi-même en terme de temps et de coût. Rechercher l’autonomie est une bonne chose si tous ces paramètres sont bien étudiés sur tous les angles afin d’être économiquement viable pour le continent africain. Cependant,je pense qu’il faut louer les efforts du Nigeria et  de l’Afrique d’avoir mis sur orbite,ses propres satellites de télécommunication car nous avons le grand avantage de pouvoir mettre ce que nous voulons et décider du contenu. Il faut louer ces initiatives. Il est vrai, les coûts de lancement et de démarrage au départ sont un peu plus élevés. Mais comme nous savons que ce marché est en croissance et qu’il y a beaucoup d’usagers potentiel, à la longue, ce coût va nécessairement baissé et cela pourra permettre de lancer d’autres satellites mais aussi de maîtriser par-dessus tout, la technologie.

Si la Chine est devenue une superpuissance émergente du 21ème siècle, c’est aussi grâce à sa diaspora à travers le monde. L’Afrique à une diaspora importante sur les quatre coins de la planète. Parmi eux,de grands Hommes de Sciences , des technocrates sous utilisés par nos pouvoirs en place mais qui ne prennent pas aussi,assez d’initiatives pour vraiment faire entendre leur voix. Est-ce  parce que ces derniers ont le savoir mais pas le savoir faire nécessaire pour transformer la société africaine?

Je dois corriger très vite quelque chose,la diaspora africaine a le savoir et le savoir faire .Beaucoup d’africains de la diaspora comme certains sur le continent d’ailleurs ont la maîtrise du savoir faire,des sciences et technologies. Mais le développement du continent dépend de plusieurs facteurs. Entre autres paramètres, il faudrait que les politiques locales soient favorables aux initiatives, aux nouvelles idées,au développement. C’est cela qui est entrain de nous prendre beaucoup de temps, c’est un vrai frein, un goulot d’étranglement pour le progrès de l’Afrique. Je prends un exemple simple, le cas du Cameroun, il me semble que jusqu’en ce moment, du moins avant mon dernier séjour au pays l’an dernier, il n’y avait vraiment pas de loi sur internet. Pourtant, c’est une technologie c’est à  dire un gros marché. Quand vous avez un marché qui n’est pas bien structuré, vous vous attendez au miracle. Dans certains pays comme les Etats-Unis, au départ, le gouvernement a donné un moratoire ou cours duquel il n’y avait pas de taxation sur les ventes sur internet. Cela a eu pour effet d’encourager le développement du commerce sur la toile électronique. Maintenant que ce marché est stable et robuste, le gouvernement américain taxe des achats sur internet. Donc des lois de ce type sont souvent nécessaires pour favoriser le démarrage d’un produit de service pour faire maîtriser la technologie en question. Dès lors que la technologie devient plus accessible et maîtrisée, par la suite, on peut commencer à élaborer une taxation et l’imposer aux utilisateurs. Ce genre de politique doit être bien pensée avant sa mise en œuvre. Pour revenir à l’Afrique, il faut des investissements préalables au niveau technologique. Certains pays ont déjà commencé d’y penser, c’est le cas du Sénégal. Au Cameroun, le gouvernement doit faire certains investissements prioritaires dans l’optique de sa grande rentabilité dans le

futur. Pour donner un exemple, le gouvernement américain  après la seconde guerre mondiale avait fait voter une loi dénommée le G.I.B. Cette loi disait que  tous les vétérans de guerre vont obtenir pendant plusieurs années, une bourse d’études financée par le gouvernement américain dans n’importe quelle université de leur choix dans le monde entier. Une majorité a profité de cela pour effectuer des études dans le domaine de leur choix. Par la suite, quand on a fait des statistiques pour évaluer l’investissement du gouvernement comparativement à ce que cette loi a apportée comme bienfait et rentrée financière en terme de taxation, cela a rapporté plusieurs fois plus au gouvernement que ce qu’ il a dépensé pour la formation de ces vétérans de

guerre. Ces derniers étaient des hauts cadres, touchaient de bons salaires donc payaient plus d’impôts  au gouvernement lorsqu’ils n’avaient pas crées leurs propres entreprises ou industries,et par conséquent participaient de même à la lutte contre le chômage pour plus de prospérité du peuple américain. Or si le gouvernement ne faisait pas cela,ces derniers seraient devenus une charge trop lourde pour le gouvernement car ils auraient passés de leur temps à vivre sous le service social avec les risques de délinquance, de consommation de drogue et d’alcool excessive .Bref,c’est le gouvernement  américain qui aurait perdu sur tous les plans car la personne humaine est au cœur de la force créatrice ,l’énergie nécessaire et indispensable pour la prospérité d’un peuple donc le développement pour le cas de l’Afrique. C’est cela un investissement stratégique pour un gouvernement qui voit loin et fait des perspectives de progrès. Ce sont des investissements de ce type qui manquent à l’heure actuelle au gouvernement du Cameroun, pour citer ce cas précis. En dehors de cela, il faut désenclaver les régions, etc.

Aucun pays  du monde ne peut se développer sans la recherche scientifique et technologique. Mais l’Afrique manque cruellement des centres d’excellence pour la recherche et  l’innovation .Est-ce parce que ce sont les moyens financiers qui manquent pour mettre sur pied des masses critiques, des regroupements ou des technopoles?   

Je pense que contrairement à une certaine opinion ou à certaines impressions, l’Afrique a suffisamment de moyens pour faire la recherche. Il faut se dire que la recherche ne se fait pas sur un coup de tête. Il faut au préalable définir les sujets de recherche. On fait d’abord la recherche pour définir les problèmes d’une société donnée aussi bien à court terme qu’à long terme. Pour ce qui est des problèmes des sociétés africaines aujourd’hui, les moyens financiers que l’Afrique possède en ce moment peuvent  résoudre les problèmes préoccupants du continent. Au fur et à mesure que notre société va évoluer, va se poser d’autres préoccupations essentielles à résoudre, les problèmes vont changer et les moyens aussi.

Je prends un exemple simple, celui de la vente alimentaire. Il y a beaucoup de produits alimentaires   qui se vendent aux bords des routes de manière à ce que quand les voitures passent, c’est un nuage de poussière qui tombe dessus.

Un problème d’hygiène très simple, c’est celui de développer un mécanisme pour couvrir ces aliments de telle sorte que la poussière ne parvienne plus à envahir ces produits. Ceci à l’avantage de protéger les consommateurs contre les maladies de toute sorte, et donc lutter contre une forte mortalité. L’état à se niveau fera moins de dépense pour la santé des populations et par conséquent disposera cet argent   à aider pour résoudre un autre problème autre que la santé publique. Vous conviendrez avec moi que cette dépense ne donne pas des vertiges puisqu’il ne s agit pas d’envoyer une fusée sur la planète Mars. Le mimétisme nous pousse souvent à suivre les autres dans leurs technologies alors que les problèmes à résoudre dans notre contexte sont différents des autres sociétés plus avancées .Pour combattre le paludisme donc limiter le taux de mortalité, il faut faire de la prévention, acheter les  médicaments à défaut de développer ses propres produits pharmaceutiques ou une nouvelle forme de thérapie. Alors que nous importons au Cameroun de simples moustiquaires, filets pour se protéger des moustiques, ce qui nous coûtent beaucoup d’argent, il faut réfléchir pour fabriquer nos propres moustiquaires,cette recherche à faire pour résoudre ce problème nécessaire au pays ne peut pas coûter au gouvernement camerounais,les yeux de la tête,un gros investissement. Cela permettrait d’éviter une dépendance du Cameroun des pays d’où lui  viennent ces simples filets.

Pour insister sur la technologie, elle demande beaucoup de choses pour se mettre en place. Première chose, il faut un Know How  ou  un savoir faire, les gens qui maîtrise cette technologie. En second lieu, la technologie demande des consommateurs. En d’autres termes, tu ne peux pas développer une technologie dans un marché qui n’a pas de consommateurs  ou pas suffisamment. Dès lors, l’Afrique doit se soucier de développer des technologies que notre propre marché va automatiquement consommé.. Nous ne pouvons pas développer des technologies  qui sont nouvelles ou adaptées au marché occidental et qui ne peuvent pas être consommées sur notre marché. Pour différentes raisons notamment économiques. Nous aimons bien ces produits à la pointe de la technologie occidentale mais  que notre marché ne peut pas absorber. Nombreux sont les africains qui aiment les marques de voitures comme Mercedes, combien d’africains peuvent s’offrir une voiture de cette marque?

Quand on parle de développement technologique, il ne s agit pas de copier ce que les autres possèdent, il faut développer quelque chose qui résout   d’abord les problèmes majeurs de notre environnement immédiat.

Avec des routes bosselées au Cameroun par exemple, s’il faut développer une marque de voiture, il faut savoir que cette voiture ne doit pas ressembler au véhicule qui roule sur un sol plat comme à New York ou Montréal. Il faut tenir compte de cela. Il faut donc une formulation claire de la technologie à développer. Autre chose, il faut savoir que développer la technologie prend absolument du temps et certainement aussi beaucoup d’échecs en chemin.

Pour prendre le cas d’un pays indépendant en 1960 comme le Cameroun, vous ne pouvez pas en si peu se prévaloir de rattraper le Japon  ou la Chine de Confucius, la Chine millénaire.

Pour prendre un autre exemple, dans notre centre de recherche, pour faire valider un produit, cela prend plusieurs essais, un minimum de trois essais pour mettre la technologie en place et prend beaucoup de temps. Vous comprenez vite que cela demande de la patience. Il faut s’attendre toujours à des échecs sans renoncer ou abandonner.  C’est pourquoi, il y a des technologies qui ne peuvent pas être utiles à l’occident mais qui sont adaptées à nos besoins et notre milieu.

Pour revenir à la diaspora, on dit que l’union fait la force. Est-ce que la diaspora africaine au Etats-Unis  par exemple est regroupée autour d’une association d’hommes de sciences,…? 

Je ne suis pas au courant d’une association nord-américaine, américaine ou canadienne des ingénieurs issus du continent africain .Mais je pense qu’il important de mettre sur pied une telle initiative. En dehors des projets ponctuels sur le continent notamment l’envoi des livres, etc. Mais ce que je voudrais dire, il faut de la volonté  politique parce que beaucoup d’africains de la diaspora sont prêts à payer un billet d’avion pour aller en Afrique ou au Cameroun pendant un mois, le temps de leur congé pour enseigner gratuitement ou réfléchir ensemble avec les décideurs politiques pour apporter leur savoir faire ou leurs connaissances  dans leur pays d’origine.

Le problème c’est qu’il n y a pas souvent les infrastructures ou l’organisation pour les accueillir. Ensuite, les autorités politiques en place  trouvent que cette diaspora est une menace pour leurs propres intérêts. Les africains de la diaspora sont prêts à participer au développement durable de leur continent mais il faut la volonté politique et la mise sur pied des structures capables de recevoir leurs aides. À ce niveau, je pense qu’il y a du travail à faire.

Les Tic ont permis à certains pays notamment l’Inde de jouer désormais un rôle non négligeable sur la scène mondiale .En quoi ces outils peuvent vraiment aider à la vitalité économique du continent noir?

L’Afrique a ratée beaucoup de  chose, mais elle ne doit pas rater    le train de la révolution de l’informatique. L’informatique a un grand avantage car il permet de rééquilibrer un peu les rapports de force, et donne de la visibilité car l’information est mise à la portée de tout le monde de manière un peu plus équilibrée. Maintenant, l’avantage que nos pays auront avec l’informatique se situe à plusieurs niveaux. Le premier avantage que nous négligeons souvent, c’est le déplacement des masses financières d’un point A à un point B .C’est un gain du temps très important et une compression des distances réelles à presqu’un  même point donné. Ceci facilite l’achat rapide des marchandises, etc.

Je donne un exemple simple, quelqu’un reçoit une facture d’électricité, au Cameroun, cela demande au client de se déplacer lui-même à la AES SONEL pour attendre plusieurs heures pour payer une facture. Une perte de temps matériel à la production qu’il aurait capitalisé à effectuer d’autres tâches au cours de cette journée. Avec l’informatique, ce dernier peut payer sa facture électroniquement à travers son ordinateur. L’argent sera prélevé directement sur son compte bancaire au compte de AES SONEL et puis tout est fait en quelques minutes. Le temps qu’il gaspillait peut servir à autre chose, à la réflexion notamment pour résoudre d’autres préoccupations.

Un autre aspect, c’est la localisation des biens de service.  À Yaoundé, si vous voulez une paire de souliers, il faut se déplacer physiquement au marché de Mvog Ada ou Central ou Mokolo pour acheter le produit après avoir cherché longtemps. Mais dans l’avenir    grâce à internet, vous pouvez à partir de votre maison vous assurer dans quelle boutique d’un des marchés pouvez-vous trouver la paire de tennis de votre choix sur les marchés de Yaoundé et qui est le moins cher et de bonne qualité. Vous perdez moins de temps à`fouiller, ensuite vous payer moins cher. Troisième aspect, supposons que quelqu’un arrive à Yaoundé, et sollicite de manger dans un bon restaurant tel ou tel met du pays par exemple, maintenant, si ces restaurants sont en ligne, avant que quelqu’un ne quitte de Paris ou de Londres, il peut déjà planifier son voyage de chez lui jusqu’à ce pays, son logement, le restaurant où il va aller souvent manger. Ce sont là quelques exemples parmi tant d’autres que nous avons dans l’informatique. Le déficit de la communication fait souvent défaut à nos chefs d’entreprises, etc. Ces derniers n’ont pas souvent les moyens d’exporter et d’exposer  leurs produits aussi bien pour les vendre que pour acheter la matière première à sa fabrication. Internet une fois de plus peut les aider et à se niveau, la diaspora peut encore aider. Un camerounais qui fabrique un produit au pays peut  profiter de la présence de son compatriote en Chine pour présenter ce produit voire en faire de la publicité au commerçant  chinois en lui faisant voir un exemplaire. La diaspora a aussi pour rôle de vendre sur la place internationale ce que notre pays ou continent a de bien à offrir au reste du monde. C’est le cas des produits touristiques à l’exemple du parc de Waza, etc. À Montréal ou à New York, j’ai vu  dans  des magasins vietnamiens, des produits du Vietnam qui sont exposés. Ces produits pour la plupart du temps sont livrés gratuitement par le fournisseur de la société à Hanoi au Vietnam  qui se plaît même au départ de voir ses produits exposés au Canada ou aux Etats-Unis. Quand le propriétaire du magasin vend les produits, il prélève son bénéfice et envoie de l’argent à son fournisseur. Petit à petit, le produit va intéresser un grand nombre de personnes et c’est ainsi seulement que ce produit va s’implanter peu à peu sur le marché international.. C’est une technique parmi tant d’autres pour exporter ses produits. La diaspora doit  jouer son rôle d’avocat, faire connaître les bonnes choses du pays pour valoriser ces chefs d’entreprise, etc.

Les indicateurs économiques de l’Afrique ne sont pas très reluisants en terme de Pib, valeur ajoutée industrielle et commerce à l’échelle du monde. Pensez vous que le continent noir peut relever la tête de l’eau ?  

Vous savez c’est une question de chiffre. Les chiffres, on peut les changer. C’est une question de monnaie et on sait que les monnaies fluctuent .Il y a quelques années, 1$ US valait jusqu’à 800Fcfa. Aujourd’hui, le même dollar vaut 450 Fcfa.. Le billet vert a diminué  presque de  moitié.

Sur un tout autre plan, quand on parle de la valeur de l’économie d’un pays, pour le cas du Canada ou des Etats-Unis, quand on parle du Produit intérieur brut, on va calculer les valeurs des biens des gens, notamment immobilier. C’est très facile de dire qu’une maison    coûte une somme Y. Nous savons que dans certains quartiers chics de New York, une maison de deux chambres peut coûter jusqu’à un million de dollar US. Et la même maison à Detroit dans l’État du Michigan peut valoir seulement 40.000 dollars US. C’est toujours deux chambres. Pour cela, c’est facile de faire parler des indicateurs du développement ou de la richesse par de simples  chiffres. Ce pendant ces chiffres ne reflètent pas toujours la réalité qu’on veut nous faire absolument savoir. Aussi pour être clair malgré le vent de pessimisme qui a envahi tout le continent africain, je vous dirai que l’Afrique demeure le continent le plus nanti en terme de ressources naturelles et de plus en plus humaines. Il nous faut uniquement développer les technologies qui vont avec. Les matières premières du continent bien qu’elles soient exploitées depuis  des siècles, il y en a encore, les ressources biodégradables comme renouvelables…

Les africains ne doivent pas s’inquiéter au point de tout voir en noir à cause des indicateurs économiques souvent tronqués qui ne prennent pas toujours en compte,certains paramètres à leur juste valeur. L’Afrique peut encore  sortir du sous développement et rivaliser avec nos maîtres d’hier et qui veulent le demeurer éternellement. Mais pour cela, il faut dès maintenant prendre conscience du défi qui nous attend et se donner les moyens pour atteindre cet objectif dans quelques décennies.

Il faut aussi qu’on sache que la science est essentiellement dynamique.Autrefois, l’Égypte a été le foyer par excellence des sciences et techniques en dehors du fait que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Ensuite, la science s’est déplacée dans la Grèce antique et puis l’Europe occidentale. Après quoi, cette science s’est tournée vers les Etats-Unis, et le Canada. Puis, le progrès scientifique et technologique a connu son plein essor au Japon. Maintenant, c’est le tour de la Chine, de l’Inde et de certains  pays émergents d’Asie  de dicter leur savoir faire technologique au monde. Dépendamment des circonstances économiques, quand les marchés chinois vont devenir plus chers, l’Afrique qui est vaste et a de l’espace va absorber aussi ce savoir faire et pourra alors contrôler sereinement la marche des affaires du monde et dominer la science et la technologie mondiale. Pour cela, il faut se mettre au travail, encore et toujours au travail     afin de relever ce défi à notre portée pour ne  pas être surpris à cette mutation qui va arriver. Car contrairement à ceux qui disent que l’Afrique est mal partie, je vous fais savoir que l’Afrique a un avenir très certain.

La campagne présidentielle américaine est rude. Quelles sont les chances du sénateur noir Barack Obama pour aller à la maison blanche?

Beaucoup de personnes se posent la question de savoir si l’Amérique est prête pour un président noir? Il y a quelques décennies, les gens se posaient une question similaire à propos de l’ONU à savoir si elle pourrait avoir un secrétaire général noir ? Aujourd’hui, cette question ne se pose plus car ce mythe a été brisé désormais avec Koffi Annan qui a brigué deux mandats à la tête de l’institution onusienne. Ses compétences n’ont pas été mises en doute. Pour revenir au cas de  Barack Obama, c’est une question de circonstance, de compétence, d’opportunité .Le Sénateur Obama a autant de chance que Hillary Clinton et les autres. Aux Etats-Unis, les noirs qui ont cassé les premiers mythes l’ont souvent fait de façon plus spectaculaire. Prenons le cas du golfeur Tiger Woods, il continue de dominer le golf aujourd’hui et a gagné tous les grands titres du monde. Ne soyez pas surpris de voir Obama réussir et casser tous les faux jugements  jusqu’à la Maison Blanche. Il possède des capacités et des ressources pour atteindre cet objectif. C’est un candidat très sérieux. Seul l’avenir nous dira.

Supposons que Barack Obama gagne les présidentielles américaines. Qu’est-ce que sa nomination peut apporter comme souffle  nouveau aux africains  et leur descendance afro-américaine…?

Si Barack Obama gagne des élections aux Etats-Unis, il faut savoir qu’un président américain a beaucoup de pouvoir. Ce dernier peut décider de mettre sur pied un plan Marshal comme on en avait décidé pour l’Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il peut lancer un plan pour l’Afrique qui va changer le continent noir complètement .Il peut tout aussi lancer un plan  Marshal pour l’intérieur des Etats-Unis surtout en direction des africain américains qui va changer complètement leur vie et sortir la majorité d’entre eux de la misère, l’exclusion  sociale, le chômage pour relever leur niveau de vie. Cependant, il faut savoir aussi qu’un noir a été SG de l’ONU. Est-ce que sa présence a aidée à limiter les foyers de tension et à résoudre les conflits armés sur le continent, je ne crois pas du tout comparativement à l’espoir que les africains lui portaient à son élection au siège feutré et tant convoité de Manhattan. Il n’a pu faire que ce qu’il pouvait avec les moyens disponibles à sa disposition.

Pour le cas de Barack Obama, le fait d’avoir un noir à la tête des Etats-Unis ne change rien en lui-même uniquement, c’est le contenu de sa politique envers l’Afrique qui peut aider à changer radicalement notre continent. C’est notre souhait à tous. Encore faut-il se voir accepter  toutes les propositions qu’il passera au congrès qui a un très  pouvoir au pays de l’Oncle Sam. Croisons cependant les doigts afin que ce jeune sénateur aux grands talents notamment d’orateur s’asseye au bureau ovale comme pilote de la politique américaine et mondiale.                                         

                                  Propos recueillis au Québec par Ferdinand Mayega  

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